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Désordre urbain en perspective !

4 septembre 2013

Quand les artistes s’emparent de la ville, ce n’est pas toujours pour obéir. Cette année, le 7ème festival « Préavis de désordre urbain » s’est donné comme mot d’ordre « Résistance ». A partir du 10 septembre, une kyrielle de performances sont donc prévues dans l’espace public à savoir à la Belle-de-Mai, sur la Canebière, au kiosque des Réformés et dans des lieux culturels plus convenus comme La Friche ou le Théâtre des Bernardines. En plus, la majeure partie des évènements sont gratuits.


 

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Le poète julien Blaine, DR Fabrizio Garghetti

La conférence de presse du festival, donnée au Pavillon M, le 3 septembre dernier, a dévoilé un avant-goût de ce que le festival réserve aux spectateurs, passants ou simples badauds. Proposer, surprendre, irriter, rire, interroger nos propres limites et nos propres émotions, voilà quelques unes des « missions » des futures performances des artistes du festival. Dans cette friction avec le public et avec la ville, les performeurs, poètes, danseurs, comédiens du festival Préavis de désordre urbain créent surprise, sourire, adhésion, révolte ou même refus. Magie de la scène vivante, dans un espace vivant, rien ne laisse indifférent et c’est bien ce que l’on peut attendre de l’art. Attention, les spectacles sont participatifs. Et souvent, il faudra au curieux, s’investir dans la performance et se mettre dans des positions inattendues de lui-même.

En amont donc, Julien Blaine, le poète, a livré un avant goût de sa poésie sonore, qui prend littéralement aux tripes, tant la prosodie et la scansion sont habilement orchestrées pour procurer au texte toute sa signification.

Sur le ring avec un boxeur

Autre performance remarquée, celle proposée par l’artiste Christian Nicosia et le boxeur marseillais Christian N’Ka. Il s’agit pour le spectateur de monter sur un ring, heureusement protégé par un casque et une ceinture, et d’affronter le boxeur. Chacun réagira comme il le peut à cette agression. L’idée est de montrer que face à une agression physique nous perdons nos capacités de raisonner et comment il est aussi possible de reprendre la parole dans ce cas et de déplacer le combat sur le terrain de la joute verbale.

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le boxeur Christian N’Ka, performance Christian Nicosia. DR : Matthieu Verdeil

Christian Nicosia souhaite étendre ces « combats » à des duos artistes-chercheurs, voire même à des mères-adolescents, une façon de parler de la violence et des différents qui nous enferment, et de trouver les solutions pour en sortir. « C’est un projet où l’on ne se bat pas l’un contre l’autre, mais on se bat l’un avec l’autre », explique-t-il.

Des performances de ring dans les quartiers ?

Il souhaite poursuivre cette expérience vers d’autres champs. Et travail sur l’idée de créer une agora dans les quartiers pour faire surgir « du non dit », c’est-à-dire une parole qui ne sort pas habituellement, et qui pourrait émerger dans le cadre de cette performance. « Ce serait une façon de se dire enfin des choses », précise-il. Il envisage, peut-être, dans ce cadre la présence d’un psychologue. En attendant, il est à la recherche de volontaires pour participer à ses performances pendant le festival, le 14 et le 21 septembre.

Résistance et dignité humaine

La résistance se décline sous plusieurs facettes pour les performeurs invités venus de différents pays (Allemagne, Portugal, Pologne, Bolivie, Serbie, Hongrie, France). Résistance à la consommation, à l’urbanité, à la pauvreté pour toujours préserver la dignité de l’humain. Les artistes jouent de leur corps, dernier rempart contre ce monde devenu fou.

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Le performeur Branko Miliskovic. DR Dominika Sobolewska

Comme pour le performeur Istvan Kovacs, ce hongrois dont la pratique artistique se rapproche de celle du Bûto (« La danse des ténèbres » inventée au Japon après Hiroshima) où « la chair devient support de résistance ». Citons aussi Branko Miliskovic, artiste serbe, installé en Allemagne qui, avec son spectacle « couvre-feu », décrypte les divers endoctrinements. Dorothea Seror, de son côté, s’enferme dans une cage de verre dans la rue et invite le badaud à subvenir à ses besoins…

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collectif Ornicart. DR Jean Pierre Surles

Géographiquement, le festival se déroulera sur deux temps. Au centre ville, du 10 au 13 septembre, au Théâtre des Bernardines, tous les soirs à 18 h30. Puis à la Friche et à la Belle de Mai du 16 au 20. A noter, deux grosses soirées de spectacle et performances « Préavis d’insomnie », le mardi 17 aux Bernardines et « Désordre en Friche », le samedi 21 à la Friche (gratuit).
Et tous les matins à 10 h, des performances seront menées au kiosque des Réformés du 10 au 13, et aux Grandes Tables de la Friche, du 16 au 20.

Produit par RedPlexus et coproduit, cette année, par le Théâtre des Bernardines, labellisé MP2013, le Festival peut se targuer de recevoir le soutien de la Région et de la Ville. Il n’en continue pas moins son bout de chemin et fait toujours grincer quelques dents. Dans sa continuité, le projet d’un centre européen de la performance qui sera basé à Marseille est en bonne voie, selon Christine Bouvier, l’instigatrice du festival.

WWW.REDPLEXUS.ORG

Pour les performances « sur le ring », vous pouvez contacter Christiannicosia@hotmail.fr

 

 

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