Articles

Accueil > Tribunes (archives) > Des droits et de la conscience.

 

Des droits et de la conscience.

23 juillet 2013

Le vingtième siècle a eu son lot d’avancées et de victoires humaines. Des ségrégations abjectes sont tombées, des droits fondamentaux ont été reconnus et en dépit des tumultes actuels la reconnaissance du libre arbitre des êtres humains tend à s’élargir. La reconnaissance du mariage homosexuel en France, au printemps dernier, en témoigne. Mais ces conquêtes sociales si belles et grandes soient elles offrent en même temps de nouvelles situations, des difficultés à surmonter, bref des épreuves qui nous font grandir.


 

La liberté est aussi belle qu’elle est difficile à vivre. Tout à un prix, ou plutôt chaque action a sa conséquence. Se libérer d’une oppression, voire même d’une contrainte, légale, culturelle ou morale implique de se retrouver seul face à ses choix. L’arbitraire a ceci de confortable, si on rentre dans son moule, c’est que la difficulté du choix disparaît. Ainsi l’écrivait le journaliste Américain Hunter S. Thompson, « celui qui se transforme en bête se délivre de la douleur d’être un homme ». Il n’a le choix que de ce qu’on lui impose. La grande douleur étant de choisir. Faire vivre ou mourir, un possible en devenir. L’idée du destin est parfois une aide précieuse, car elle absout le choix. « Je l’ai fait parce que des forces plus grandes que moi en ont décidé ainsi ». C’est très réconfortant. Mais ce n’est pas suffisant, du moins au cours de l’action. Au seuil de la vie, peut être, surement. Car il n’en demeure pas moins que toute décision ne vaut qu’avec l’acceptation pleine et entière de toutes les conséquences possibles qui lui sont liées. N’est-ce pas la condition de l’être humain telle que nous la concevons, nu et fragile, au commencement, dans les grands champs du possible ?
Aucun être vivant, sur la planète, ne nous domine, ne nous asservi par la force. Les seule lois que nous suivons sont les nôtres, édictées en fonction d’un système que nous avons, seuls et patiemment bâti.

Nous cherchons ardemment une vie où la liberté de choix et de chacun serait respectée, posée comme un dogme au cœur du quotidien, mais en sommes nous aujourd’hui capable ? Il est beau de vouloir être libre, indépendant, il est plus fort et au combien plus difficile de l’être réellement. Alors sommes nous prêts ? Notre société semble encore trop égoïste pour forger de pareils êtres. Trop absorbée qu’elle est à créer de nouveaux besoin, de nouvelles envies qu’il faudra combler toujours plus vite. Non seulement nous nous aliénons à notre production mais nous nous éloignons de l’essentiel, de nous même. Nous nous perdons deux fois.
Apprend on a faire des choix ? A digérer un monde avant de le transmettre ? Nous apprenons à vivre dans un cadre nouveaux où les repères admis jusqu’à présent deviennent caducs. La Famille telle qu’officiellement conçue disparaît. Loin d’être une tragédie elle offre une réelle opportunité d’investigation et de questionnement sur ce que l’on est. La quête de l’homme est vaste et de part sa condition ne peut se résumer à un unique schéma valable pour tous. Si l’idée de famille est multiple et qu’il est bon cela soit enfin reconnu, il n’empêche pas moins que le fait d’être parent reste la chose la plus ardue qui soit, et dans ce domaine rien ne change. On voit émerger des problématiques jusque ici marginales. Des pères manifestant pour que soit reconnu leur place, leur rôle et leur amour. Les femmes, ayant obtenu de haute lutte la liberté de leur corps, créent, malgré elles, des situations nouvelles qui au premier abord paraissent injustes. En cas de désaccord, si le corps appartient à la femme, à qui appartient l’enfant qui s’y développe ? Un des deux a t il le droit d’imposer sa décision, si elle est contraire à celle de l’autre ? Comment se résolvent de telles situations ? N’ayant pas été préparés, beaucoup se retrouvent projetés dans l’incertitude, la colère et l’angoisse. Ces drames, vécus par un grand nombre au quotidien, ne sont pourtant pas pris en compte dans l’apprentissage général. Trop de superstitions, de peur et d’ignorance empêchent de regarder en face un problème inhérent à la vie humaine. La reproduction est le fondement de notre existence, si l’on réalisait un micro trottoir, combien d’hommes seraient en mesure de répondre correctement à cette simple question, « quand et combien de temps une femme est elle fertile ? »
Nous avançons dans un monde subtil, basé sur l’instant, sans avoir consolidé nos bases existentielles. S’il est bon de reconnaître le droit à chacun d’élever une famille il serait temps de prendre le temps d’apprendre ce que nous sommes. Apprendre le sexe, le plaisir tout autant que la responsabilité. Et la responsabilité s’apprend dès le plus jeune âge. Responsabilité propre comme celle de l’autre. En cela les sociétés, dites « primitives », qu’elles soient Africaines, Polynésienne ou Amérindienne ont beaucoup à nous apprendre. L’individu, s’il est sacré n’est pas pour autant roi. Nos désirs ne font pas tout, ils ne sont qu’une donnée du problème.
Mais la responsabilité s’efface dans notre monde. À tous les niveaux. Plus le pouvoir augmente, plus la responsabilité disparaît. On se souvient du fameux « responsable mais pas coupable » d’une ministre de la santé, ou d’un « la vérité d’hier n’est pas celle de demain » d’un secrétaire général de l’Élysée. La réside une grande part du problème. Si l’on ne peut reprocher à quelqu’un d’avoir peur ou d’hésiter, on peut lui reprocher de fuir, ou de ne pas assumer.
Comment vivre avec de nouveaux droits ? Poser un cadre est une bonne chose, donner les moyen de s’y épanouir en est une autre tout aussi importante. Voila ou le bas blesse. Nous ne disposons que de trop peu de moyens pour vivre les libertés acquises. Et a pouvoir tout faire sans rien y comprendre nous deviendrons très vite une société de capricieux, d’enfants gâtés livres à eux même.
Alors travaillons à cultiver ce que l’on a acquit. Occupons nous des problèmes de base, urgents. La qualité (non financière) de vie, l’espace à partager, les valeurs à recentrer.
Ne pas avoir peur de partir à la recherche de soit. Ne plus voir le temps comme un couperet mais comme un vaste opportunité de réalisation et d’en faire un allier plutôt qu’un adversaire.
L’école, repensée et élargie, vue comme lieu de savoir et d’apprentissage devraient être une priorité absolue pour préparer demain.
Depuis peu et pour la première fois de l’histoire de l’humanité, nos actes résonnent à l’échelle de la planète et conditionnent une bonne part de la vie qu’elle abrite. Aujourd’hui plus qu’hier l’avenir dépend de notre présent. Pensons le sereinement. Prenons le temps de digérer, de comprendre ce que nous sommes. Nous avons tous les outils à disposition. Il est temps de grandir.

 

 

Autres articles Tribunes (archives)

 

Brèves Tribunes (archives)

  • Avril 2014

     

    Romuald Dzomo, le fin mot du 7 avril : Rwanda, Borloo, Valls...

    Paul Kagame dit que le Génocide Rwandais il y a 20 ans, c’était la France sous Vichy : de la collaboration participative. Du coup Taubira ne voyage plus ! « faut pas fâcher, on s’amiser ». Après Paris a décidé que le changement, c’est maintenant ! L’ambassadeur y sera quand même, comme tous ses médias. Jusqu’à Borloo renonce à la renonciation. On ne le voyait plus parce que malade. Soigne toi bi...en. Pendant ce temps, Manuel Valls a Fouks pour le vote de confiance au parlement ; Que de la com a dit Duflot. Stephane sera le GPS de Valls pendant sa « Matignonade ». Il drague les écolos et les verts. Les femmes gagnent en moyenne 24% moins chère que les hommes sauf sur Facebook. Elles ont plus de photos et (...)

     

  • Avril 2014

     

    "Allez Paris ! Sans Zlatan ! 3 contre 1 contre « #ETOO."

    Allez Paris ! Sans Zlatan ! 3 contre 1 contre « #ETOO. Pour éviter qu’elle ne croit pas que c’est un #poisson_d_avril, on a dit à Fleur de partir en pèlerinage un 02 avril. Jusqu’à le jeune Mohammed est entré dans du béton à #Roubaix pendant qu’à #TOURS une jeune noire s’est faite tabassée par un policier dans un BUS. Bigre 22 ans après, elle retrouve l’écologie et la pension alimentaire. Le problè...me de #SEGO ce n’est plus son homme. Par contre celui de #Poutine c’est Lioudmila. Ils sont officiellement divorcés. C’est un CRIME (é).Tweet a dû s’étrangler. Heureusement que #SAPIN s’était éloigné à BERCY. D’ailleurs « monte au bout » lentement sinon le « Sapin » t’attend. Le Cameroun est formidable…vivons (...)

     

  • Mars 2014

     

    Municipales 2014, La synthèse en deux mots par Romuald Dzomo :

    La France a « #LEPEN » en poupe. Enfin, le racisme et les discriminations s’assumeront dans les exécutifs municipaux. C’est vraiment pas « LA PEN » d’en appeler au Front Républicain. #Marseille : le PS voulait #Menucci, peut être #GHALI aurait fait mieux. NKM en tête au premier tour. C’est du PUT IN violent. Comme un bizutage Les autres souffrent encore du CRIME-é. Ils redeviennent #G7 pour éviter le retour. C’est comme pour CANAL+, BING lui demande de plus en plus de se déculotter pour prendre des fessées. Les Qataris veulent en faire une (...)

     

  • Février 2014

     

    Romuald Dzumo : "CAMEROuN(ais), Mballa Mballa n’entre pas chez CAMERON, pourtant Dieudonné est français"

    #Bouygues et #SFR se marient pour tous en réseau. C’est pour gêner la liberté (#FREE). CAMEROuN(ais), Mballa Mballa n’entre pas chez CAMERON, pourtant Dieudonné est français. Tchuippp Encore un refus de VISA dans l’espace Schengen pour un ASU ZOA. Jusqu’à Hollande met en scooter son "projet de loi famille". C’est Gagnet (gagné) pour les partis du thé (Manif pour tous). Mais ça reste « Tweetweiller » (perdu) pour Menucci avec un Pape qui s’appelle #Diouf à Marseille. Il va dire "moi candidat". Ce n’est pourtant pas François, pas celui du Vatican, mais celui de l’Élysée qui a tenté de l’en dissuader. Depuis quelques temps en France ils organisent des « lancer » de chiens, de chats. Woody lui organise des lancer (...)

     

  • Novembre 2013

     

    Michel Bonneli tribune du 14/11 : "Si nous voulouns faire nation..."

    Sortons vite de l’affaire Taubira, que la justice passe et que les juges condamnent s’il y a lieu. Les plaisantins de mauvais goûts avec leur raccourci zoophile ne sortiront pas grandi de cet épisode. Mais si j’étais mauvaise langue, je me souviendrais du temps ou cette même dame sympathisante de formations politiques extrémistes dans sa région de naissance ne disait mot quand ces leaders invitaient les populations locales à faire comme en Algérie sur les blancs des Antilles. Oublions vite cela. De même il est facile de nous sortir que l’identité est multiple, belle parole, mais au quotidien nous avons des français d’origine algérienne ou des résidents en France qui célèbrent novembre aidant les (...)

     

  • Octobre 2013

     

    Le fin mot de Romuald Dzomo. 28-10-2013

    NOUS MÊMES LÀ. Dis donc ! Laisse nous avec ton PHD Mokolo là. Dis même que je suis jaloux, je m’en fous. Parce qu’il faut absolument être inscrit dans une fac pour reconduire son "titre de séjour étudiant" d’un an, tu as enfin soutenu un doctorat "en machin chose" sans conviction. Toi même tu ne sais pas donner son titre. 30 ans mon frère ! Même tes parents ne se souviennent plus du nom de ta bourse obtenue dans les années 90 pour la prestigieuse Sorbonne en France. " quelqu’un est quelqu’un derrière quelqu’un dit l’humoriste camerounais" Tu avais alors 20 ans à ton arrivée, une fiancée au cameroun laissée enceinte. Aujourd’hui l’enfant né derrière toi a lui, soutenu une thèse. Yeuch ! Tu l’as vu une fois. (...)

     

  • Septembre 2013

     

    S. Barles (EELV) et N. Haïdari (PS) : "M. Valls la chasse verbale au Roms ça suffit !"

    Monsieur le Ministre de l’interieur la chasse verbale au Roms ça suffit ! Le ministre de l’intérieur Manuel Valls s’est encore une fois démarqué par une sortie des plus contestables sur la situation des populations Roms. En affirmant : « qu’il était illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations Roms à travers uniquement l’insertion et d’ajouter qu’il fallait reconduire ces populations à la frontière (sic), le ministre de l’intérieur a sciemment poussé les portes de la rhétorique du front national. Ces propos à caractères discriminatoires déshonorent le gouvernement et déshonorent une partie de la gauche française qui ne supporte plus l’instrumentalisation des situations humaines au combien (...)

     

  • Septembre 2013

     

    Tunisie : Le journaliste Zied El Heni Libéré sous caution, communiqué de la FTCR.

    LE JOURNALISTE ZIED EL HENI LIBÉRÉ SOUS CAUTION LE JOURNALISTE ZIED EL HENI VIENT JUSTE D’ÊTRE REMIS EN LIBERTÉ VERS LA FIN DE MATINÉE APRES LE VERSEMENT D’UNE CAUTION. IL RESTE POURSUIVI POUR SES ACTIVITÉS DE JOURNALISTE APRÈS SA LIBÉRATION IL A REJOINT LA MANIFESTATION DE PROTESTATION ORGANISÉE CE JOUR A LA PLACE DE LA KASBAH SIÈGE DU GOUVERNEMENT POUR PROTESTER CONTRE L’ÉTOUFFEMENT DE LIBERTES PAR LE GOUVERNEMENT D’ENNAHDHA ET DE SES ALLIÉS. NOUS DEVONS MAINTENIR LES MOBILISATIONS QUI SONT LE VRAI REMPART POUR PROTEGER LES JOURNALISTES ET LA PRESSE LA MANIFESTATION DE DEMAIN A PARIS EST MAINTENU POUR DÉNONCER LES ATTAQUES DU GOUVERNEMENT D’ENNAHDHA CONTRE LA PRESSE LIBRE ET LES JOURNALISTES (...)

     

  • Septembre 2013

     

    L’Edito de Romuald Dzumo : Election, laicité au Cameroun...

    Élections municipales au Cameroun…les listes Ndongo Essomba dans la LEKIE…enfin ! les listes RDPC font jazzer jusqu’en Allemagne où ils viennent d’obliger les jeunes filles musulmanes à participer en bikini aux cours des natations. La laïcité se niche dans les détails, comme la prose (lire pause) fiscale. Tellement Mosco se perd dans ses nouveaux impôts qu’il a mis dans le lave-linge le rose et le vert. Du coup ça tangue au diésel. Il y a du « Aurelie Filipéti » dans l’air. Ils ont osé critiquer le budget. On va voir ce qu’on va voir. Même Vladimir Poutine, n’est pas content. Il a écrit dans le New York times pour être le plus proche possible de l’ovale d’OBAMA sur la Syrie. Cahuzac quant à lui les yeux dans (...)

     

  • Août 2013

     

    PCF 13 : Non à la vente du centre de la Sécu à Kléber !

    PCF 13 : Non à la vente du centre de la Sécu à Kléber ! Nous apprenons l’intention de la direction de la Caisse primaire centrale de l’assurance maladie (CPCAM) des Bouches-du-Rhône de se débarrasser du centre Kléber, dans le 3ème arrondissement de Marseille. Au prétexte d’un site inadapté et d’un environnement dégradé, la CPCAM abandonnerait donc un pan du patrimoine financé par les cotisations sociales des assurés sociaux pour s’installer dans un immeuble neuf, vraisemblablement en location, au cœur d’Euroméditerranée. Abandonner un centre de proximité dans un quartier populaire au profit d’une vitrine au cœur du secteur qui symbolise les affaires et la spéculation immobilière est un mauvais signal. Car (...)

     

Articles récents

Articles au hasard