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Des airs aimés pour l’inauguration de l’espace Aimé Césaire

18 janvier 2009 - Dernier ajout 5 février 2009

Mercredi, une centaine de personne s’est pressée aux Studios Decanis, à la jonction des quartiers Blancarde et Saint Barnabé, pour assister à l’inauguration d’un espace du nom de l’homme politique et de lettres ultramarin. A l’origine de l’initiative Christian Ortolé, à qui l’on doit également le Margose Festival. Un concert de l’excellent Urban Kreol a clôturé la soirée. En ligne de mire : Marseille Provence 2013.


 

Marseille n’avait pas encore d’espace Aimé Césaire, en mémoire de celui qui fût maire de Fort de France durant plusieurs décennies et surtout le chantre de la négritude. Voilà qui est réparé, quelques mois après le décès du « Papa » de tous les ultramarins. Mercredi 14 janvier, l’inauguration a eu lieu en présence de plusieurs dizaines de personnes, associatifs, artistes, représentants d’Outre-mer, et même élus.

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Mona Georgelin (g.), coordinatrice de l’association Mamanthe et partenaire de l’opération, et Christian Ortolé, directeur artistique et coordinateur général de l’OMCM à l’origine de la création de l’Espace Aimé Césaire.

Christian Ortolé, directeur artistique et coordinateur général de l’OMCM (Organisation de la médiation culturelle en Méditerranée) mais aussi entre autres du Margose Festival – dont la troisième édition y faisait d’ailleurs escale sous le titre « Mieux vivre ensemble ici et ailleurs » – en est le promoteur. Il souhaite mobiliser les acteurs d’outre-mer présents dans le sud, en vue de Marseille-Provence 2013. Ecoutez son interview.

 

Quand il soumet l’idée à Bruno Gedin, le gérant des studios Decanis, dans le IVe arrondissement, ce dernier signe immédiatement. Installés dans les anciennes écuries de la ville, qui entièrement rénovées accueillent également d’autres activités (comme de la pré-production), les Studios Decanis sont un lieu de rencontre, où sont enseignées danses du monde, répétées des musiques acoustiques.

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Remis sur les rails récemment, et quelques salles restant encore vacantes, c’est donc avec « grand plaisir » que Bruno Gedin accueille la nouvelle. D’autant que cette volonté de rendre hommage au poète épouse parfaitement l’état d’esprit du lieu. Lui-même originaire de la Martinique, lorsque Christian Ortolé lui parle de son projet, il « trouve intéressant de l’installer », lui et son festival, dans ses locaux, qu’il n’a repris qu’en septembre dernier.

Et parmi les invités, en majorité des promoteurs de la culture créole à Marseille, l’initiative fait également l’unanimité. Harry Babel, président de Dom Tom Art confirme qu’« à l’approche de 2013, année durant laquelle Marseille sera capitale européenne de la culture, c’est un moyen de rendre les honneurs à Aimé Césaire. C’est une bonne chose ». Célina Baufon, représentant l’association Madras Antilles, espère que la pensée d’Aimé Césaire sera « davantage enseignée » à l’avenir, et appelle « le peuple noir à poursuivre l’œuvre » de ce « Père ». Elle que « la France a d’abord choisi », avant qu’elle ne décide de venir en métropole estime que « tout le monde doit s’entendre, surtout à Marseille où toutes les origines de tous les continents se côtoient. Nous avons intérêt à vivre ensemble ». Elisabeth Gras, à la tête de Macramé Créole, nous livre sa réaction :

Même les élus, pas plus étonnés que cela que l’initiative revienne à un particulier – quand bien même fût-il engagé dans le monde associatif – plutôt qu’aux institutions de notre ville (dont on peut souligner le peu d’empressement à baptiser un lieu de culture du nom de l’homme illustre), sont venus fêter l’événement. Annie Minassian-Capezza et Georges Gross ne sont pourtant pas conseillers du 3e secteur (conservé par la droite, et Renaud Muselier, lors des dernières municipales), mais élus socialistes des XIIIe et XIVe arrondissements. Georges Gross assume la charge des anciens combattants, de la vie communautaire et des cultes auprès de Garo Hovsepian. Tous deux paraissent en tout cas enchantés de participer à telle manifestation :

Une partie d’Urban Kreol, avec Gérald Toto – que l’on ne présente plus et à n’en pas douter « fils d’Aimé Césaire », comme le présente Christian Ortolé – le suave David Walters et l’impressionnante Sandra Nkaké, a joué et enjoué le public jusqu’à la première heure du lendemain. En français, en créole, en anglais, et même en espagnol, le trio a chanté l’esclavage, l’amour, le métissage, sa vision propre de ce qui fait la France et les Français, dans la douleur comme dans le bonheur.

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Urban Kreol. De gauche à droite : Sandra Nkaké, Gérald Toto et David Walters.

Parce c’est aussi ça, Marseille-Provence Capitale européenne de la culture 2013 : une ville et une région qui bâtissent sur des souffrances, des intolérances, une force que l’on se doit de tous les jours renouveler. Le vivre ensemble.

 

 

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