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<FONT COLOR="#01B0F0">Dedans-Dehors "Gens du voyage" et Rroms au Conseil municipal

13 décembre 2011 - Dernier ajout 14 décembre 2011

Alors qu’une manifestation pour soutenir les Rroms avait lieu devant la mairie lundi 12 décembre, dans l’enceinte du Conseil municipal à l’Espace Bargemon, le vote du lancement d’une procédure de délégation de service public pour la gestion des aires d’accueil pour « Gens du voyage » aménagées par la Ville a été approuvé par la majorité municipale. Si la gauche a refusé de prendre part à la consultation, le rapporteur du projet - l’adjoint au maire Michel Bourgat - a estimé que pour des raisons de délais, il était impératif de le valider. Quant à la question des Rroms évoquée par la gauche, la patate est toujours brûlante...


 

Etait débattu lundi dernier au Conseil Municipal le renouvellement d’une procédure de délégation de service public pour la gestion des aires aménagées par la Ville à destination des « Gens du voyage », délégation qui doit prendre prochainement fin. Cette DSP concerne les aires aménagées pour les « Gens du voyage » de St-Menet (XIe arrondissement) et Mazargues-Eynaud dans le IXe.
L’élu communiste Christian Pellicani, s’est, le premier, lundi matin exprimé, lors du Conseil Municipal sur le lancement de la procédure : « Ce rapport porte sur le principe d’une DSP, délégation de service public, pour la gestion des aires d’accueil des « gens du voyage » de la Ville de Marseille. Nous sommes pour de véritables aires d’accueil mais nous ne sommes pas d’accord avec le document technique qui va servir de base au cahier des charges. Nous demandons à retirer le dossier. »

Puis l’élu communiste a recadré le débat sur la question des Rroms proprement dite : «  En matière de concertation, le collectif qui se mobilise pour un traitement juste et solidaire des Rroms attend encore la table ronde qui a été acceptée sur le principe par votre adjointe Madame Servant et qui est restée pour le moment lettre morte ». Et s’adressant à Jean-Claude Gaudin : « Vous devez prendre vos responsabilités et appuyer votre demande de table ronde auprès des services de l’Etat. La solution ne passe pas par des aires d’accueil mais par des solutions plus spécifiques, du type de celles financées par le protocole région-associations qui ont permis de résoudre un certain nombre de cas. Sur cette question, ne perdez plus de temps, entendez les propositions des associations qui sont devant la mairie, ce jour, pour ne plus être le mauvais élève de l’Europe ».
Nathalie Pigamo, PS prend le relais : « Nous demandons le retrait du rapport qui est erroné sur des points et contredit les divers engagements que vous avez pris et qui contredit le dialogue constructif qui avait pu se mettre en place avec Didier Réault, ces derniers mois. »

Interrogée plus tard, Nathalie Pigamo s’est expliquée sur le refus de voter : « On n’est pas contre la DSP, on est contre la façon dont c’est fait, puisqu’il y a des fausses informations, il y a des choses qui sont erronées, le fait de considérer Eynaud comme une aire d’accueil, ce n’est pas vrai. Eynaud n’est pas considéré comme une aire d’accueil sur le schéma départemental. Comme Messieurs Bourgat et Réault ont dit que le cahier des charges allait être modifié, nous allons attendre le nouveau cahier des charges. »
De la même façon, Sébastien Barles, d’EELV : « Je demande également le retrait du rapport qui est inexact au niveau de la DSP des aires d’accueil et par ailleurs je renouvelle la demande portée par le collectif d’une table ronde avec l’ensemble des acteurs avec représentants de l’Etat et les collectivités locales ». Le porte-parole local du mouvement a également tenu à préciser qu’«  un des attendus du jugement du TGI de Marseille a récemment pointé du doigt la responsabilité de la ville dans les troubles à l’ordre public générés par l’impossibilité des populations Rroms de s’implanter sur les terrains dédiés. Il y a obligation de la ville relevée par un tribunal de trouver des aires d’accueil ». (voir plus bas la décision TGI du 25 octobre).

En réponse à la gauche, Michel Bourgat a rétorqué que « le cahier des charges de cette proposition est simplement un descriptif qui ne contraint pas et qui laissera toute latitude à Didier Réault et aux maires de secteur de travailler sur ce sujet. Si on en est venu au schéma départemental, c’est que l’aire d’Eynaud accueille majoritairement des personnes sédentaires et que le schéma départemental ne s’occupe que de nomades. Par contre la délégation de services s’occupe bien des « Gens du voyage ». »

Quelle solution pour l’aire d’Eynaud, de fait sortie du schéma départemental ? Que faire pour que la Ville de Marseille entre en conformité avec la loi l’obligeant à disposer d’au moins deux aires d’accueil ? Didier Réault, conseiller municipal du 5e secteur répond.

Pour ce qui est du dossier Rroms, Michel Bourgat a tenu ses propos habituels : « ce n’est pas juridiquement la compétence de la ville de régler la problématique des Rroms. C’est une compétence d’Etat et notamment européenne. Deuxièmement, l’unité d’hébergement d’urgence est la seule qui depuis des mois, voire des années héberge des Rroms. Pour ne pas être dépassé par le nombre de demandes, parce que nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde, ce n’est pas une phrase qui est de moi, on est obligé de faire des accords et effectivement les gens qui sont à l’unité d’hébergement d’urgence sont des volontaires pour faire un retour consenti au pays dans les meilleurs conditions. »
« La table ronde, ce n’est pas à la ville de l’initier, et de la présider, c’est à la préfecture et à l’Etat, tout le monde sait ma volonté de respecter les Rroms. Je suis plutôt enclin à avoir la main tendue que le poing fermé. » Le maire de Marseille réitère lui-même son bon-vouloir concernant sa participation à un tour de table, s’il est organisé « par les services de l’Etat ». Façon commode et efficace de renvoyer ladite réunion aux calendes grecques sans avoir l’air d’y toucher.

Didier Réault concède : « je pense qu’avec les moyens qui étaient ceux de la municipalité, [la question des Rroms] a été traitée au mieux. Ce n’est pas pour ça qu’elle a été traitée de façon satisfaisante, à la fois pour les habitants de Marseille, et à la fois pour les Rroms. C’est une vraie difficulté que nous avons, partout, pas seulement à Marseille. Et donc il faut que nous ayons une politique qui soit à la fois plus ferme mais aussi plus respectueuse des lois, notamment sur le schéma départemental. »

Rroms : « aucune solution n’est recherchée efficacement »

Entre les 272 délibérations traitées ce jour, la douloureuse question du sort de ces familles n’a pas encore trouvé d’issues positives.

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Les indignés ont apporté leur soutien à la cause des familles rroms

De rassemblements en rassemblements, les militants associatifs voient les jours défiler sans qu’un véritable dénouement pour la population Rroms à Marseille ne soit trouvé. Afin de rappeler la situation de tourmente dans laquelle ces familles sont plongées, et que certains élus tendent à oublier, les militants - Rencontres Tsiganes, Fondation Abbé Pierre, Emmaüs, Médecins du Monde... - se sont déplacés, place Bargemon, pour les interpeller. Dès l’ouverture du conseil municipal, ce lundi, des tracts leur ont été distribués rappelant la réalité des démantèlements des bidonvilles Rroms, le mutisme des institutions locales - municipales et communautaires - et l’ordonnance d’expulsion du Tribunal de grande instance (TGI) pointant notamment l’inaction de celles-ci.

Interrogé sur la pertinence pour MPM de demander l’évacuation de bidonvilles, mais également sur la volonté communautaire de trouver des terrains, Eugène Caselli - président de la communauté urbaine - botte en touche.

Si, d’un côté, les expulsions s’exécutent, de l’autre, l’implication et la responsabilité des institutions locales sont dénoncées. En effet, le TGI de Marseille a ordonné, sur décision du 25 octobre, l’expulsion du campement de l’avenue Zoccola (15e) et de l’espace sous la passerelle Capitaine Gèze (15e), applicable dès le 17 décembre. Tout en jugeant que « l’expulsion des occupants ne sert qu’à déplacer le problème puisqu’aucune solution n’est recherchée efficacement, aucun quartier de Marseille ne voulant les accueillir […] le refus étant unanime ». Aucun dénouement recherché hormis le démantèlement des camps, et des vices de forme rendus, comme l’expulsion du boulevard Lazer qui a été éconduite. Une nouvelle fois c’est plus d’une centaine de personnes, adultes et enfants du camp de Zoccola, qui vont se retrouver désorientées. Des personnes qui avaient pourtant fait un premier pas vers l’insertion : «  ils sont suivis et assistés par l’AMPIL, certains enfants sont scolarisés au Collège Rosa Parks et dans les écoles primaires des environs » a relaté l’ordonnance du TGI. Pour l’heure, « ils vont être expulsés d’un trottoir pour aller sur un autre trottoir. C’est d’un cynisme ! » se désole Caroline Godard de Rencontres Tsiganes. Qui plus est lorsque «  l’Etat détient des terrains et des propriétés que l’on pourrait réquisitionner » pointe Jean-Paul Delanaud, militant de la Ligue des droits de l’homme (LDH).

Ordonnance Du TGI de Marseille Du 25 Octobre 2011 Copie

Mais parce qu’une critique se construit également par une note positive, les militants y ont joint un panel de solutions, qui ont fleuri sur le sol national et qui pourraient servir de base pour les pouvoirs en place. Dès 11h30, les militants associatifs ont formé un attroupement devant la mairie, rejoints par le mouvement des « Indignés » : « nous manifestons contre les pouvoirs publics et la mairie de Marseille, expose Alain Fourest de Rencontres Tsiganes, avant de souligner que, contrairement à ce que dit la mairie, rien n’a été fait […] et elle n’a pas à se prévaloir de l’unité d’hébergement d’urgence (UHU) » - qui conditionne l’accueil des familles à la garantie de retour dans leur pays. La tenue de la table ronde est elle aussi très sollicitée puisqu’attendue depuis son annonce, il y a bientôt six mois.

« Aujourd’hui, on interpelle la mairie, dans la semaine, on interpellera la communauté urbaine » affirme Caroline Godard.

 

 

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