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Dans les quartiers, la culture préfigure 2013

24 octobre 2012

L’effervescence monte, l’échéance arrive à grand pas, la ville de Marseille va (peut-être) enfin démontrer ce qu’elle sait faire en terme culturel. Mais en attendant le terme, un certain nombre de manifestations, intégrées ou non à Marseille Provence 2013, ont d’ores et déjà pris place dans le paysage. Med’in Marseille est allé prendre le pouls dans ces territoires souvent négligés par la culture. Extraits.


 

Si tu ne viens pas à l’art, l’art viendra à toi. C’est sous une forme de maxime que Jérôme Fino aurait pu présenter sa dernière programmation, les Galeries Nomades Archist. Depuis le 3 octobre, elles se sont installées dans les quartiers est de Marseille, territoire où le secteur culturel peine à trouver ses marques. Ce projet, déjà réalisé en 2011 dans le secteur de St-Marcel (11e), se présente sous la forme d’un espace d’art mobile qui met en contact l’univers artistique et populaire entre expositions, installations et concerts, ouvrant la réflexion sur la ville et la création contemporaine. De 2003 à 2011, le programme Archist alors sédentaire avait pris position à la galerie des Bains douches de la Plaine mais, depuis une année, l’art se laisse porter dans la vallée de l’Huveaune. C’est en plein cœur de l’effervescence citadine, face au lycée Marcel Pagnol (10e), que la nouvelle création a pris pied. Portées par l’association Art-Cade, ces manifestations privilégient la rencontre des univers et l’émergence des talents entre lieux d’expérimentation, d’expositions, d’ateliers et de pratiques. C’est pourquoi pour ce second opus des Galeries Nomades, Propagation et dispersion, Jérôme Fino a convié ses confrères étrangers à s’installer en résidence et s’imprégner du territoire marseillais.

Depuis trois semaines au boulevard de Saint-Loup, les Galeries Nomades marquent le temps et le lieu. Vendredi dernier, c’est entre l’exploration de la ville par Matthias Wermke et le désordre de l’ordre collectif de The Wa que le travail de Jérôme Fino s’est construit. The Wa, muni de son regard cynique, de sa pensée parodique et de son humour caustique, se plaît à recréer le décor d’un monde déréalisé. Sous forme de dessins tagués appartenant à la rue, il joue avec les figures en y intégrant une note plus conventionnelle. En parallèle, le grimpeur allemand, Matthias Wermke, s’approprie l’espace afin d’exposer les failles et les contradictions internes qui se trouvent dans les systèmes publics. Retransmises sous forme de vidéo, ces performances ouvrent le regard sur l’environnement, laissant entrevoir l’aisance de l’homme circulant sur les bâtiments de la ville. Souvent cagoulé dans son habit professionnel, l’homme avoue qu’il tient cela des matchs de football à Fenerbahçe à Istanbul où chaque supporter revêt un masque pour garder l’anonymat, impairs obligent. L’inspiration artistique de la Corée du Sud a également été invitée à rejoindre la cité phocéenne. Par ses œuvres qui se déclinent sous la forme de peinture ou d’installation, Jazoo Yang s’attaque au sentiment commun de société tels que la solitude et le vide. Pour elle, en créant des lieux d’habitation, de travail et de loisirs, les individus construisent un sentiment de communauté et d’appartenance.

Marseille/Culture : Galeries Nomades, des artistes dans la rue from Med’in Marseille on Vimeo.

The Archist poursuit sa programmation le 26 octobre autour de l’installation sonore de Franziska Windisch en mettant en synergie l’écoute et le dessin « suivant une ligne imaginaire encerclant d’une distance de 6 km les Galeries Nomades ». Les Suisses d’ARTL prendront le flambeau entre le croisement du souffle et les résonances de cordes vibrantes, des infra-basses aux ultrasons. Pour clore cette journée, c’est la pratique expérimentale du son et des images électroniques de Nicolas Maigret qui s’installeront offrant « une expérience physique de l’espace qui est unique ».

La Bank of paradise du Plan d’Aou

Une banque à l’image du territoire, des billets au gré du désir de chacun, le tout dans un contexte respectueux de l’environnement, c’est la Bank of Paradise. Imaginée par l’artiste plasticien Jean-luc Brisson accompagné d’artistes paysagistes, cette installation vise à concevoir des aménagements « capables de produire de la confiance » entre celui qui émet et celui qui reçoit, sentiment qui a eu tendance au fil des années à s’envoler. Depuis le 15 octobre, tables en bois et bancs ont pris place dans le paysage du Plan d’Aou, au plateau, donnant à voir un panorama exceptionnel. Toute la semaine, les habitants, petits et grands, étaient invités à prendre part au projet de cette structure insolite et à laisser leur imagination se poser sur les billets, questionnant sur l’aménagement du quartier. Un succès assuré ! «  On va peut-être faire des conseils d’administration lance Jean-luc Brisson. Nous, on les appellerai des actionneurs plutôt que des actionnaires ». Intégrée au programme Quartiers créatifs, impulsée par Marseille-Provence 2013, cette manifestation entend changer le regard sur ces zones, invitant artistes et habitants à être acteur de cette variation.

Culture/Marseille : Bank of Paradise, des faux-billets au Plan d’Aou from Med’in Marseille on Vimeo.

Depuis près d’un an, Jean-luc Brisson et son équipe travaillent sur le projet : repérage des lieux, démarrage des ateliers, réflexion sur l’aménagement des espaces vacants... Aujourd’hui, Bank of paradise s’inscrit dans le long terme. Entre 2012 et 2013, différents lieux du Plan d’Aou, laissés en jachère par les aménageurs, vont voir fleurir sur leur sol des guichets de la banque qui prendront différentes formes. Une fois encore, les habitants seront les premiers acteurs de cette banque peu commune. C’est ce que Jean-luc Brisson et son équipe appellent « l’esprit jardinier » : aménager, développer et densifier en fonction du moment. Vendredi 19 octobre, soir de l’inauguration de ce projet, habitants du quartier, jeunes et moins jeunes, ont répondu à l’appel.

 

 

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