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Croix-Rouge : les maraudeurs maronnent et claquent la porte

4 août 2011

Depuis le 8 juillet dernier, les camions de la Croix-Rouge ont cessé de sillonner la nuit les rues de Marseille, afin de venir à la rencontre des plus démunis. Les bénévoles du SAMU social de la Croix-Rouge de Marseille sont en grève et certains ont même quitté le navire. En cause : des conditions de travail qui ne permettent pas aux volontaires de pérenniser leur action. Ces derniers demandent une professionnalisation de la structure et l’embauche de deux salariés en CDI.


 

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« C’est un travail de 10 ans qui vole en éclats », regrette Renaud Gaimbard, ancien directeur adjoint et responsable des plannings qui a démissionné en début d’année. Ce dernier dénonce l’attitude de la présidence de la Croix-Rouge qui refuse de professionnaliser la structure. Un changement jugé pourtant indispensable par les bénévoles, afin de pérenniser l’action de l’association. Le travail mené par la Croix-Rouge n’est en effet plus à démontrer. Organisant cinq tournées de nuit par semaine, aux côtés du SAMU social de la ville, les volontaires de la Croix-Rouge ont également mis sur pied des tournées de jour depuis janvier 2010, une aide devenue indispensable pour les employés municipaux du SAMU social de la ville. Depuis plus de 10 ans, ils réalisent en effet tous les jours des maraudes afin d’aller à la rencontre des plus démunis et de les orienter vers les structures adaptées. Un travail complémentaire à celui du SAMU social de la ville, un partenariat rôdé qui se déroule sans soucis : « La Ville a davantage une mission d’accompagnement, les maraudeurs amènent une personne de la rue d’un point A à un point B. A la Croix-Rouge on a plus le temps de discuter, de créer des liens, les gens nous connaissent, c’est davantage à visage humain », explique Renaud Gaimbard.

Une personne référente afin de pérenniser l’action

Et pourtant, pour faire tourner cette énorme machine, à la barre : seulement deux salariés, des contrats aidés, d’où l’idée de professionnaliser la structure. Les bénévoles réclament ainsi l’embauche en CDI de ces deux contrats aidés. « On est 90 à s’investir, on souhaite avoir une personne référente qui reste durablement dans la structure. Car avec ce turn-over tous les six mois, il faut toujours reformer puis retisser le lien social aussi avec les sans abris, c’est difficile, ça prend du temps. Depuis 2004 il n’y a que des contrats aidés, alors que l’action de l’association s’est développée », dénonce Fabrice Russotto, directeur de la délégation marseillaise de la Croix-Rouge.

Autre travers pointé du doigt par Renaud Gaimbard : la multiplication des salariés au niveau du pôle gestion et de l’administration de la Croix-Rouge, et non sur le terrain : « Le souci, c’est que ces salariés ne connaissent pas le terrain, ni la ville car il s’agit d’administrations régionales. Au sein de la délégation de Marseille, il n’y a pas assez de social de développé. On se focalise plus sur l’aspect gala, épicerie, magasin d’achats,... résultat : on est plus dans la démonstration que dans l’action. On était en pointe avec les maraudes de jour, on voulait poursuivre notre action sociale avec des structures d’accueil ».

Des tâches qui ne peuvent être seules assumées par des bénévoles

Même constat pour Patrice Giammatei, bénévole depuis huit ans au sein de la Croix-Rouge. Ce dernier a quitté momentanément l’association, un geste symbolique pour mettre en avant ces dysfonctionnements. «  Il faut détacher deux salariés pour avoir d’autres actions, estime celui-ci, il n’y a pas d’endroit pour recevoir des SDF le jour par exemple, il faut faire des points d’accueil de jour et de nuit ». Dans un courrier adressé à Christian Saman président de la Croix-Rouge de Marseille, les bénévoles écrivent ainsi :

« Nous formons aujourd’hui une équipe de 90 bénévoles, tous engagés au service de la Croix-Rouge et pour ses bénéficiaires. La qualité de l’action des maraudes de la Croix-Rouge est largement reconnue en matière d’urgence sociale par la population marseillaise. C’est le résultat d’un travail collectif et d’un état d’esprit insufflé et entretenu par l’encadrement actuel du SAMU social. Sa notoriété n’est plus à démontrer et valorise indubitablement l’image de la Croix-Rouge bien au-delà des seules frontières du SAMU. Par conséquent, nous ne nous voyons pas à l’avenir fonctionner sans que la Croix-Rouge ne s’investisse davantage pour l’urgence sociale, il en va de la reconnaissance de notre mission [... ] Compte tenu de la taille actuelle de la structure et de l’ampleur de ses misions, peut-on raisonnablement envisager que l’ensemble des tâches soit exclusivement supporté par des bénévoles ? Clairement, non. »

Réponse de la présidence : une fin de non-recevoir et des restrictions budgétaires qui empêcheraient toute embauche*.

Une nouvelle association créée par les bénévoles prend le relais

Conséquence du conflit : la fin des tournées de nuit pour les bénévoles du SAMU social et de la Croix-Rouge. « On fait les premiers signalements, donc il y a un vrai manque aujourd’hui. Seules les maraudes de jour continuent car la Croix-Rouge a embauché une personne en contrat aidé pour ça », signale Fabrice Russotto, directeur de la délégation marseillaise de la Croix-Rouge. Sur 87 bénévoles, environ 25 à 30 sont partis temporairement ou non... Certains bénévoles sont en grève, d’autres ont décidé de fonder une autre association : AMIES, Association Marseillaise Indépendante Et Sociale.

A travers cette nouvelle structure organisée sur fonds propres, les bénévoles continuent à assurer une maraude de nuit, chaque samedi soir. « Une trentaine de bénévoles maraude toujours, avec comme file conducteur : créer davantage de lien social. On reste plus longtemps avec les sans-abri, ce n’est pas que de la maraude, on essaie de retrouver l’essence de l’action : l’écoute. Le but est que chacun se sente acteur de l’association », souligne Patrice Giammattei à la tête de cette association. Cet engagé de la première heure souhaite notamment voir la création d’un autre centre d’urgence que l’Unité d’Hébergement d’Urgence de la Madrague : « on voudrait à terme pouvoir traiter des situations d’extrême urgence et pouvoir extraire ainsi le plus vite possible les personnes en difficulté ». L’association souhaite susciter une véritable émulation. « Après, si la Croix-Rouge propose de meilleurs moyens pour une action sociale, on reviendra », lâche Patrice Giammattei.

*Christian Saman est actuellement en vacances et nous n’avons pas pu le joindre.

 

 

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