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Contrat local de sécurité : interviews de la coordinatrice du projet et du préfet de région

26 octobre 2010

Il échoyait à Caroline Pozmentier-Sportich, adjointe au maire de Marseille en charge de la sécurité et de la prévention de la délinquance, de réunir tous les partenaires institutionnels autour de la signature de la Stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance. Michel Sappin, lui, signait sa dernière participation en tant que préfet de Région et de Département à ce genre d’événement. Tous deux ont répondu à nos questions.


 

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Caroline Pozmentier-Sportich, adjointe au maire de Marseille

Vous avez coordonné tout le travail en amont de cette signature du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance. Comment avez-vous été vers les uns et vers les autres ?

Au nom du maire de Marseille, j’ai effectivement coordonné la mise en œuvre d’une Stratégie territoriale. Initialement, il s’agissait de mettre en place un Contrat local de sécurité nouvelle génération, comme l’avait demandé le législateur en mars 2007. Il était important, alors que le maire devient le chef d’orchestre d’une politique de prévention et de sécurité dans cette ville, que je réunisse autour de moi tous les partenaires indispensables pour qu’il y ait plus de sécurité sur l’espace public. Pour tous les publics concernés – je pense aux seniors qui sont souvent victimes et vulnérables, aux mineurs qui sont parfois en danger de délinquance mais je pense également aux acteurs économiques et à toutes les victimes d’infractions – il était essentiel que tous les partenaires se responsabilisent et s’engagent. L’Etat s’est fortement engagé, par l’intervention du préfet de police à mes côtés, par le fonds interministériel de prévention de la délinquance. Mais également les services municipaux, puisque de nombreux adjoints travaillent avec moi sur ce dossier dans la transversalité. Et aussi les collectivités territoriales. Aujourd’hui, le Conseil général a véritablement fait preuve d’engagement. De même pour la Communauté urbaine, qui est pour nous indispensable sur l’espace public, puisque beaucoup de compétences lui ont été dévolues. Ils se devaient d’être là, et ils sont là. Quant à la Région, dans les jours qui viennent elle annoncera la signature de ce Contrat. Nous devons être là pour tous nos concitoyens de 7 à 99 ans. Et la stratégie territoriale c’est ça : plus de proximité, plus de coordination, un partenariat avec un vrai principe de réalité. Les moyens étant ce qu’ils sont, mettons les en commun pour être efficaces.

On le voit, au-delà des clivages politiques cette question fait consensus. Le sujet de la sécurité, de la prévention, tout le monde doit s’en emparer ? Ce qui explique que vous alliez tous dans le même sens ?

Je crois que nous sommes tous très responsables et conscients. Conscients qu’effectivement les moyens peuvent être améliorés. La vraie passerelle, le vrai pont qui peut nous permettre de réussir et d’aller de l’autre côté de la rive, c’est de mutualiser les moyens. Alors nous le faisons. Nous ferons bien entendu un bilan d’étape : nous ne disons pas que nous avons trouvé LA solution. Vous le savez une stratégie territoriale se signe pour trois ans. Cette solution, elle a besoin d’abord – et parce qu’elle est pragmatique – d’être expérimentée. Elle sera évaluée et elle pourra bien entendu évoluer. Elle n’est pas figée et c’est pour ça que tous les partenaires se sentent complètement rassurés d’être dans un dispositif contractuel – c’est un vrai engagement réciproque – mais qui peut évoluer. Parce que nous avons tous des compétences qui doivent être jouées ensemble. Jouons ensemble dans l’intérêt général.

Comment expliquez-vous que Marseille soit la première ville de France à aller de l’avant et à signer ce Contrat local de sécurité avec tout ces partenaires. Est-ce lié à une spécificité du territoire, à une spécificité de la nature de la délinquance sur la commune ?

C’est logique, parce que depuis 1995, Marseille est une ville qui évolue, qui innove en permanence. Et nous avons la chance sur ce territoire, d’avoir un maillage associatif très impliqué : que ce soient des comités d’intérêt de quartier, que ce soient des associations – qui sont présentes ici – qui œuvrent dans le champ de la prévention, de l’animation, tous se connaissent, et tous travaillent ensemble. Et je crois que nous, leurs élus, il était important que nous leur montrions que nous savons aussi travailler ensemble, dans l’intérêt général.
La délinquance sur le territoire marseillais, cela relève du travail de la police, qui le fait très bien, au cœur de son dispositif et de ses moyens. Mais la prévention de la délinquance, la tranquillité publique, ce qui intéresse le citoyen dans son quotidien, c’est un travail partenarial. Nous devons tous conjuguer nos efforts. C’est ce que nous voulons, nous élus de la majorité municipale. Que cette ville continue d’évoluer et ne plus connaître ce que l’on voit aujourd’hui (les poubelles calcinées jonchant la chaussée, ndlr) et qui nous fait mal au cœur. Nous qui avons reçu le monde entier cet été avec les touristes, les croisiéristes, quand on voit cela, on a quand même un petit peu d’amertume.

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Michel Sappin, préfet de Région et de Département en partance

En quoi est-ce innovant, cette signature du Contrat local de sécurité ?

C’est innovant dans la mesure où vous avez sept partenaires signataires, toutes les grandes collectivités du département, de l’agglomération,… C’est un engagement fort de chacun. Par ailleurs il y a eu une très large concertation en amont de l’ensemble des acteurs et des personnes qui ont un avis à donner sur ce sujet. Et enfin – et c’est la troisième nouveauté – c’est que là, on associe de façon étroite des politiques de prévention de la délinquance qui sont traditionnellement du domaine de l’action policière, et des actions de prévention de conduites additives, qui sont elles normalement du ressort de tous les services qui se chargent de la Politique de la Ville et de la cohésion sociale. Donc c’est une vision cohérente, une vision partagée par tous, et c’est une vision très positive, porteuse de grands espoirs dans la prévention tout azimut en matière de délinquance.

Vous comprenez que - quelque soit l’orientation politique des institutions qui sont partie prenante dans ce Contrat - elles se soient mises ensemble pour fédérer leurs actions ?

Les problématiques de sécurité sur l’agglomération de Marseille sont très fortes, tout le monde les ressent et tout le monde sait bien que si l’on veut avancer, il faut travailler ensemble. C’est bien de se critiquer de temps en temps, de se donner des coups de griffe les uns les autres, mais ceci étant, sur le terrain, tous les acteurs sont unis. Et ça tout le monde l’a bien compris, d’où l’adhésion de tous quelque soient les étiquettes politiques.

 

 

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