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Clap de fin pour l’Année européenne du dialogue interculturel

19 novembre 2008 - Dernier ajout 20 novembre 2008

En ce moment a lieu, à Beaubourg, une conférence qui vient clôturer une année 2008 consacrée par l’Europe des 27 au dialogue des cultures. L’approche a paru payante dans les domaines des arts et du sport, disciplines mises en avant comme facilitatrices d’une acceptation et d’une compréhension mutuelles. Ne faisant pas cas du décalage frappant d’avec les politiques menées par ailleurs par l’UE, le projet a trouvé un souffle inattendu dans l’actualité. L’AEDI, volonté creuse ou creuset d’un commun renouvelé ? L’avenir dira si l’essai sera transformé.


 

Depuis lundi 17 novembre, Paris reçoit au Centre Georges Pompidou les acteurs européens qui ont fait de l’année 2008, une suite de manifestations (plus de 500 événements, de 400 projets menés à bien) venant célébrer ou soutenir le dialogue interculturel dans les vingt-sept pays de l’Union. La conférence de trois jours invite à « faire le bilan », afin de quitter en douceur l’AEDI (Année européenne du dialogue interculturel) et gagner délicatement – mais en temps de crise tout de même ! – 2009 et sa Création, 2009 et ses Innovations.

Face à la marée, digne de celles du Mont St Michel, de spécialistes, responsables politiques, acteurs et observateurs du dialogue des cultures présents (600 personnes étaient attendues), un rendu fidèle de la cohérence et de la consistance des interventions est pratiquement impossible (se référer au programme [1]) : Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes et Jàn Figel, commissaire européen chargé de l’éducation, la formation, la culture et la jeunesse à l’initiative du projet devaient introduire les débats, avant qu’en présence de directeurs de festivals soit présentée la Déclaration des festivals artistiques sur le sujet. Après avoir dressé un panorama des différentes « stratégies publiques de mises en œuvre » de l’AEDI, les rencontres devaient faire une large place aux média qui « font l’Europe » et leur rôle dans « l’intégration européenne et la mondialisation culturelle ». Une responsabilité souvent à double tranchant, puisqu’ils sont tout aussi capables de véhiculer du stéréotype, du repli sur soi, de la crainte de ce qui est étranger aux cultures des pays d’accueil. L’intégration des « minorités nationales et linguistiques » a occupé les discussions de mardi, avant que la question de « l’éducation au dialogue interculturel » ne soit abordée. A suivi l’interrogation sur la place de l’univers culturel et artistique, ainsi que de la société civile face à ce tête-à-tête des cultures diverses en un lieu commun. Enfin, il fallait revenir sur l’impact de ce dialogue interculturel sur les relations entretenues par l’Europe avec des pays tiers, conclusion qui a précédé les discours d’Hans Gert Pöttering, le président du Parlement des 27 et de Christine Albanel, ministre de la Culture, venant clore ce chapitre européen sous présidence française. Le bilan est fait. Passons aux perspectives.

Les nations n’ont pas attendu que 2008 soit consacrée par leur parlement commun Année européenne du dialogue interculturel pour tisser de la connaissance, de l’expérience et de la coexistence interculturelles. Le climat international, et national prévalant dans la plupart des Etats membres, a peut-être poussé à l’initiative. Pour éviter de sombrer dans le « choc des civilisations » annoncé, nourri et avivé par quelques poignées de terroristes patentés ou de va-t-en-guerre légalement installés au pouvoir, et qui finit de gagner les populations, déjà échaudées par des siècles de détestation de l’Autre, en partie perméables à ces théories d’affrontement culturel/cultuel ? L’intention s’est en tout cas heurtée aux effets contradictoires de politiques engagées par l’Union. Les tactiques migratoires, que la France, l’Allemagne et d’autres pays membres aimeraient à l’unisson entrent en conflit en divers aspects avec la volonté qu’affectent les institutions communautaires.
L’actualité, emmenée par l’Union pour la Méditerranée, ou l’élection d’un « produit » de l’interculturalité de l’autre côté de l’Atlantique, a sans conteste contribué à dynamiser l’AEDI. Le succès de la manifestation s’est également fait jour dans les domaines roboratifs que sont le sport et l’art, souvent privilégiés quant il s’agit des faire cohabiter les us, les costumes et les coutumes. D’autres domaines, autant d’espaces de rencontre des cultures, ont été davantage négligés.

En dépit d’un appel à « de nouvelles perspectives pour le dialogue interculturel en Europe », en mettant « concrètement à profit les expériences de 2008 afin de mieux promouvoir à longue échéance le dialogue interculturel dans les politiques de l’Union européenne, au sein des gouvernements des États membres et des communautés régionales et locales », le colloque parisien fait retentir le clap de fin de l’AEDI.
Les acteurs mobilisés tout au long de l’année ne l’entendent de toute façon pas ainsi et espèrent fédérer à l’avenir de nouveaux venus. C’est dans cet objectif que 200 d’entre eux se sont constitués en une Plaform for intercultural Europe et ont paraphé le Rainbow Paper [2], sorte d’appel à la diversité à l’échelle de l’Union, chargé de recommandations à l’attention de la société civile et des décideurs politiques. « Prochaines étapes » selon les rédacteurs de la déclaration multicolore, « la création d’un groupe de travail au sein du Conseil de l’Europe » et surtout d’« un large contrôle et des activités d’évaluation » des stratégies mises en œuvre par les gouvernements.
Et finalement, les peuples européens, structurés ou non en organisation, continueront – comme ils le faisaient avant 2008 – de contribuer à une entente cordiale des cultures.

 

 

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