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Chibanis, problèmes toujours pas résolus

21 janvier 2008

Le cas des Chibanis a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années soulevant bien des interrogations sur leur situation, leur mode de vie, leur sort. Totalement anonymes, avant que « les impôts ne leur fassent la peau », ils ont été projetés malgré eux sous les feux de la rampe non pas à la manière des stars et autres people, loin s’en faut. Mais par la force des choses. Sortis de leur anonymat, sans le vouloir et sans le demander, ils demeurent aujourd’hui encore et malgré tout, dans une grande précarité sociale, affective et psychologique sans compter leurs problèmes de santé et le manque de reconnaissance à leur égard. Ils font pourtant partie intégrante de la France et de son histoire, ils sont sa mémoire, encore vive. Face à leur situation, le vide juridique et institutionnel reste le maître mot. Quelques associations leur viennent néanmoins en aide dans leur démarches, s’emploient à créer du lien avec eux et tentent de réfléchir à des solutions.


 

C’est autour d’un café dans le centre ville de Toulon que se fait la rencontre avec les anciens.
Ambiance conviviale et brouhaha de discussion et de rire autour d’habituelles parties de dominos couvrent ce lieu situé juste en face de l’ATF (Association des Tunisiens de France).
L’emplacement de ce café n’est pas dû au simple hasard géographique mais plutôt à une réelle volonté de la part des membres de l’association d’être dans une telle proximité. De cette manière, le contact avec eux se fait plus facilement, plus naturellement.

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Les Chibanis dans le café social

« Le fait de se retrouver dans un café crée très vite une ambiance familière et agréable pour eux. La plupart vivent dans des foyers et n’ont pas de loisirs, ici ils peuvent se retrouver entre amis, ils ont leurs habitudes, leurs repères aussi. Pour ma part, il m’arrive de les aider dans leurs démarches administratives, de parler avec eux de leurs problèmes et je leur rends service avec plaisir. Le plus vieux d’entre eux a 86 ans et ils sont environ soixante-dix à côtoyer régulièrement le café. Il y a un lien fort qui s’est créé entre eux et moi », explique Lajnef Mohamed, animateur du café depuis quelques mois.

C’est à l’initiative de l’ATF, en 1995, que ce café social a eu droit de cité. L’association qui a ouvert ses portes en 1981 en faveur de l’intégration des Tunisiens de France alliant activité sportive, éducative et solidaire tout d’abord, s’est vue peu à peu diversifier son offre pour accueillir un public aux origines et âges multiples par la suite. Ce n’est qu’à partir des années 1990 qu’un afflux de personnes âgées est apparu avec une forte demande concernant des questions administratives et juridiques, faisant prendre pleinement conscience aux membres de cette association de l’urgence de la situation des Chibanis.
« Le constat est le suivant : ces personnes âgées, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne cherchent pas à repartir définitivement dans leur pays d’origine, elles se sentent ancrées sur le territoire français d’où la nécessité d’un service social pour les aider dans leur accès au droit. Et, surtout la mise à disposition d’un lieu de vie pour qu’ils ne soient plus isolés. Et qu’ils finissent leur vie dans la dignité », indique Azzedine Bouteifi, président de l’ATF. Fort de son expérience, il en appelle à une mobilisation des institutions sur l’ensemble du territoire français estimant que c’est un problème national.

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Concertation entre l’ACSE, le CG, l’AMPIL et l’ATF

Les idées vont bon train et les propositions ne manquent pas pour trouver des solutions viables aux problèmes des Chibanis telle celle de Kader Atia, directeur de l’AMPIL (Action méditerranéenne pour l’insertion par le logement).
Fief militant depuis son jeune âge, tout en évoquant son expérience de terrain concernant notamment les expulsions qui ont eu lieu à Marseille dans le cadre de la refondation du centre-ville, il mesure lui aussi toute l’importance d’intervenir rapidement sur la question des Chibanis.
« Aujourd’hui, nous voulons nous battre encore pour ces personnes âgées afin qu’elles aient droit à une pension de famille qui serait à mi-chemin entre la résidence sociale et la maison de retraite, car les maisons de retraites classiques sont inadaptées et beaucoup trop chères pour ce public-là. Leur pension de retraite n’est que de 600 euros par mois, il suffit de faire le compte soi-même. Quant aux foyers Adoma (ex-Sonacotra, NDLR), c’est impensable ! »

Tout en approuvant les propos de son aînée, Hakim Allik, chargé de la politique de la ville au conseil général, tient quant à lui à évoquer l’idée de la création d’un espace spécifique labellisé "espace Seniors", ainsi que l’importance du devoir de mémoire : « Il faut tout d’abord dépasser le cap de la terminologie de vieux migrants, de leur stigmatisation. C’est avant tout, un problème concernant des personnes âgées, je me demande pourquoi ils n’ont pas un espace à eux. Les financements ne sont pas l’unique solution à leurs problèmes. Il faut que nous puissions intégrer l’histoire de ces personnes dans l’histoire de France. Il y a un réel travail de mémoire à effectuer pour les générations qui leur succèdent et pour l’ensemble de notre pays ! ».

L’Acsé PACA (Agence pour la Cohesion Sociale et l’Egalité des chances) venue en force ce jour-là pour apprécier ces échanges d’expériences et d’idées, est restée pour sa part, très attentive et non moins inquiète.

 



 

 

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