Articles

 

Cent ans de négritude

22 avril 2013 - Dernier ajout 23 avril 2013

En ce mercredi 17 avril, l’après-midi bourgeonne sous un soleil radieux et donne à Marseille un air de Martinique. Sur les pavés aveuglants du quai d’honneur, en face de la mairie, une petite troupe s’installe. Il y a cent ans naissait Aimé Césaire, Marseille s’apprête à lui rendre hommage. Vidéo en plus : textes du poète clamés et illustrés musicalement par des artistes locaux.





 

Sur une idée de Jean Marc Ega et Pierre Lezeau, du comité Mam’Ega, fut crée en frevrier 2013, le Collectif du Centenaire Aimé Césaire à Marseille. Ce collectif rassemble des assocaitions, comme Approche Culture et Territoire, des stuctures comme l’Afriqui Djigui Théatri de la rue d’Anvers, mais aussi des écrivains, des cinéastes, des comédiens, et des anonymes ayant à cœur de maintenir vivante la mémoire du grand homme né en Martinique en 1913.
Belle initiative qui hélas ne rencontre qu’un très faible écho chez les institutions. La célébration d’un auteur reposant au panthéon ne soulève pas l’enthousiasme de Marseille Capitale de la Culture qui ne l’inclus pas dans son programme, ni de la DRAC qui n’annonce aucun fond pour l’événement, malgré un engagement de principe pris l’année passée auprès du comite Mam’Ega. Silence et désinteret qui en disent long sur la dimension politique du poête et la perception qu’en ont encore certains aujourd’hui.
Qu’à cela ne tienne ! Comme il avait lui-même dit de son vivant lors d’un entretien avec Francoise Vergès « le nègre vous emmerde ! » Et sans aide, sans finacement les bonnes volontés, qui ne manquent pas dans la citée phocéenne, ont pris sur elle de lui rendre hommage.
Car la portée de l’œuvre de l’auteur du « cahier d’un retour au pays natal » est incommensurable. Père du concept de la nègritude qui fit relever la tête d’un continent entier et de ses enfants disseminés de part le monde, Aimé Césaire fort de ses « armes miraculeuses » et de sa « poésie abyssale » hisse la culture française au sommet et même au delà. Il l’a fait briller d’un éclat universel et profondément humain, en étant « la bouche de ceux qui n’ont point de bouche » et la voix de « ceux dont la voix s’est éteinte au cachot du désespoir ». Homme de paix combattant la haine jusque dans son propre cœur, portant un regard courageux et lucide sur le passé, transcandant le lourd héritage de la réalite nègre dans toute son horreur, Aimé Césaire fut un sage. Un phare de sauvegarde et de réconfort, un de ceux dont la pensée dessine les chemins bleus d’une histoire reconciliée, d’un futur fraternel.

Ainsi, sous la direction de la metteure en scene Naky Sy Savale de l’Afriqui Djigui Théatri, a pris forme une lecture en musique. Un conteur entouré de comediens, de musiciens, d’un sociologue et de capoeiristes ont parcouru une heure durant la vie et l’œuvre d’Aimé Césaire. Lecture de poèmes, extraits de pièce de théatre, biographie, une heure pour approcher la pensée, le combat politique et moral de l’auteur « d’une saison au Congo ». Tandis que la basse, le saxo, le jumbé et le berimbau rythment les paroles, des textes sont distribués au public afin que chacun puisse s’approprier les mots du poête. C’est sûr, comme l’écrivait Birago Diop, « les morts ne sont pas morts » écoutons les !

Mais l’hommage ne s’arrête pas là et se poursuit jusqu’en été avec un cycle de conférence à l’Afriqui Djigui Théatri mené par le chercheur Ali Babar Kenjah, et la tenue d’événements en mai en juin, notemment à la mairie 13 et 14 ème arrondissement. Pour plus d’informations voir les sites, du colectif centenaire Aime Cesaire Marseille, de l’Afriki Djigui Tehatri , et de Mamanthé
.

 

 

Autres articles Marseille Provence, capitale européenne de la culture 2013

 

Articles récents

Articles au hasard