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Cantonales : le « ni-ni » de Bruno Gilles

24 mars 2011

Dimanche, ce n’était « pas une si mauvaise soirée pour l’UMP », pour le maire des 4e et 5e arrondissements de Marseille qui rapporte le vote Front national au faible taux de participation. Bruno Gilles revient sur la consigne de vote du parti majoritaire au niveau local, sur les chances d’avoir des conseillers généraux supplémentaires dans le département, et sur l’impact du vote frontiste sur l’image de la ville à la veille de Marseille Provence 2013.


 

Une analyse des résultats de dimanche dernier, pour le parti majoritaire ?

Ce n’est pas une si mauvaise soirée que ça pour l’UMP et le Nouveau centre, parce que sur Marseille nos trois sortants sont dans des conditions plutôt favorables face à des candidats du FN. Et nous avons eu deux heureuses surprises dans le centre ville, dans le canton du Camas, avec Marine Pustorino au deuxième tour et dans le canton de Notre Dame du Mont, avec Solange Biaggi. On peut rappeler que sont éliminés dès le premier tour deux conseillers généraux socialistes sortants, dans ces deux cantons. Et si on s’éloigne un peu de Marseille on a aussi quelques possibilités de ramener encore un ou deux cantons supplémentaires dimanche prochain. Donc finalement cela n’a pas été une si mauvaise soirée que ça. Tout a été un peu éclipsé par le score monstrueux du Front national mais je crois qu’il y a quand même des enseignements à froid qui sont intéressants.

Vous parliez de ce score du Front national. Quelles explications y voyez-vous ?

Vous savez quand on regarde les chiffres d’une manière un petit plus affinée, le Front national fait cette année sur Marseille 24 000 voix, ce qui le met à 30 % des votes. Mais avec 36.81 % de taux de participation. Quand on regarde ces mêmes élections en mars 2004, le Front national faisait à peine plus, c’est à dire 27 000 voix, ce qui le ramenait à 20 % parce qu’il y avait 60 % de participation. Donc on peut en tirer un premier enseignement : une faible participation est favorable au Front national, qui a réussi à cristalliser un électorat un peu de réaction. Plus la participation est faible, plus leur pourcentage monte, donc il faut savoir relativiser ce résultat. dans le cadre d’une élection qui aurait permis à 60 % des gens de s’exprimer, le score aurait été largement plus bas.

Pour vous, l’abstention trouve-t-elle ses sources dans un ras-le-bol de la politique ?

Pas automatiquement. Là aussi je crois qu’on fait des raccourcis trop rapidement. C’est la première fois depuis 25 ans qu’il y a une élection cantonale qui est ce qu’on appelle une élection sèche. C’est à dire qu’il y a uniquement les cantonales. On renouvelle les conseillers généraux par moitié : une moitié se fait lors des élections municipales, qui sont les plus suivies après l’élection présidentielle. Les élections cantonales qui se tiennent à se moment bénéficient de l’impact des municipales. L’autre moitié des conseillers généraux est habituellement renouvelée lors des élections régionales, qui ont toujours un certain succès dans la population. Et les régionales amènent beaucoup plus de gens dans les bureaux de vote. Le fait d’avoir des élections cantonales seules, ça peut déjà expliquer ce faible taux de participation. Et puis les élections cantonales sont méconnues, le Conseil général n’est pas forcément connu dans ses compétences. Dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales on a mis en place pour 2014 l’élection du conseiller territorial qui se fera au même moment que les élections municipales avec double casquette, Conseil général, Conseil régional. Ce sera aussi une possibilité de lutter contre l’abstention. Et troisième analyse qui est une analyse plus locale : je crois que depuis de longs mois pour ne pas dire de nombreuses années, on traverse une période médiatique assez négative, avec ce que tout le monde appelle l’affaire Guérini. Je pense que ça a aussi eu une influence sur l’abstention des certaines personnes qui se sont dit « je ne vais pas voter » parce qu’il y a le raccourci qui est un peu fait par le Front national « ceux qui font de la politiques sont tous pourris ». Ce qui est dommage pour la démocratie.

Cette élection ne serait donc pas un marqueur pour l’élection présidentielle à venir en 2012 ?

Pas du tout. Parce que d’abord la participation est très faible, or la participation la plus importante se fait lors de la présidentielle. Et ensuite les candidats et les enjeux ne sont pas les mêmes. Donc c’est un vote un peu défouloir, c’est une élection intermédiaire. Il n’y a pas eu de débats. C’est dans les quinze derniers jours que les média s’intéressent aux élections, surtout au niveau national. Et les dramatiques accidents qu’il y eu dans le monde avec bien évidemment ce qui s’est passé au Japon, ce qui s’est passé dans les pays méditerranéens en face de chez nous, ont fait que - je ne le nie pas - ces choses-là avait beaucoup plus d’importance à la limite que nos élections cantonales. Mais les média se sont focalisés sur ces événements très graves sur la planète et ont laissé tomber les élections. S’il n’y avait pas eu de révolutions dans les pays arabes, s’il n’y avait pas de problème de séisme et de raz-de-marée au Japon, les grands média au niveau national comme les média locaux se seraient emparés les quinze derniers jours des cantonales. Et on aurait pu mettre plus en avant les compétences du Conseil général, pourquoi il est important de voter. Tout ça participe au fait que beaucoup de personnes se sont réveillées lundi matin en se rendant compte qu’il y avait eu des élections dimanche.

Comment envisagez-vous le second tour, notamment pour les candidats UMP qui sont toujours en course ?

Ecoutez, sans avoir la boule de cristal de Mme Irma, on est plutôt en bonne position sur deux cantons à Marseille comme je vous le disais, avec Solange Biaggi et Marine Pustorino, et je pense que l’on peut obtenir quelques résultats à l’extérieur, au-delà de nos sortants, à la Ciotat et à Gémenos. On a quatre, cinq candidats qui sont qualifiés au deuxième tour, dont le candidat divers droite à Port-Saint-Louis-du-Rhône qui a fait 42 % au premier tour. Ce qui nous permet d’espérer là aussi une, deux, trois bonnes surprises à l’extérieur de Marseille. Ce qui permettrait à l’issue du tour de dimanche prochain d’avoir quatre ou cinq conseillers généraux issus de la droite républicaine et du centre. Nous sommes actuellement 17. Si nous passons à 21 ou 22, c’est sûr que nous serons plus qu’une force d’appoint.

Concernant l’appel à un front républicain pour faire barrage aux candidats du Front national encore en lice pour le second tour, et après les quelques cafouillages au plus haut niveau de l’Etat quant à une consigne vote, quel est le mot d’ordre de l’UMP à Marseille ?

Pour moi c’est un petit peu plus clair, contrairement à ce que vous dites au niveau national, on va rester sur le niveau local c’est le plus important. Au niveau local les choses sont très claires. Nous avons dès lundi matin 9 h fait une réunion avec le Maire de Marseille, avec Renaud Muselier qui est le secrétaire départemental de l’UMP. Tous les parlementaires étaient présents. Tous les candidats étaient présents - ceux qui restaient et ceux qui étaient éliminés dès le premier tour - et nous avons décidé à l’unanimité de prendre une position commune qui est celle que certains appellent le « ni-ni ». C’est à dire ni Front national, ni Parti socialiste. Cette décision est une décision importante. Nous sommes d’ailleurs rejoints depuis de longues semaines sur cette position par Europe Ecologie où Mme Vichnievsky a très régulièrement rappelé qu’elle ne donnerait pas de consigne de vote pour des candidats socialistes qui ne se seraient pas désengagés du système Guérini et qui n’auraient pas pris position lors de l’élection du président Guérini lors du troisième tour. Nous, c’est notre position. Il ne vous aura pas échappé d’ailleurs que même à gauche cette position a été reprise. L’autre jour dans La Provence il y avait un interview d’Antoine Rouzeaud, qui a été éliminé dans le canton du Camas au premier tour. Il ne donne aucune consigne de vote. Et il y a quinze jours sur France Bleu Provence, le président de la Région Michel Vauzelle avait eu lui aussi une position très claire. A la question « entre un UMP et un FN que choisissez-vous ? », il a répondu « entre un vrai fascisme et un fascisme déguisé j’irai à la pêche ». Nous, nous n’appelons pas nos électeurs à aller à la pêche, parce qu’il faut remplir son devoir de citoyen. En tous cas nous leur demandons très clairement de voter blanc. Parce qu’on n’a pas à choisir entre d’un côté un parti avec lequel nous n’avons pas d’atomes crochus, et dont nous ne partageons pas les visions extrémistes qui sont mises en avant ; et deuxièmement des candidats qui, aujourd’hui, par manque peut-être de courage ne se désolidarisent pas d’un système politico-mafieux que nous dénonçons depuis de nombreuses années avec mon ami Renaud Muselier.

L’image de la ville peut-elle pâtir de ce score du Front national, en vue de MP 2013 ?

Je vous dirais franchement : on s’en serait bien passé, bien évidemment. Je ne vais pas tenir la langue de bois. On sait que depuis maintenant une trentaine d’années, les départements du Sud de la France sont plus sensibles aux sirènes du Front national que d’autres. Mais il faut relativiser ce score par rapport à une faible participation. La ville de Marseille, c’est 2 600 ans d’histoire, 2 600 ans d’histoire de cultures d’origines différentes. On a souvent tiré à boulets rouges sur les résultats en particulier à Marseille et dans le sud du front national. Ce n’a pas empêché pendant ces trente dernières années pour ne prendre que celles-là, finalement de réussir à faire vivre à peu près tout le monde ensemble. Le rendez-vous de 2013 est important bien évidemment pour l’image de la ville. Là aussi il y aura toute une mosaïque culturelle. Il y a d’autres événements sportifs, culturels qui se sont bien passés. La coupe du monde en 98, l’anniversaire des 2 600 ans... L’année prochaine il y aura le Forum mondial de l’eau. Tous ces événements on les a passés aussi avec des scores du Front national élevés. Je vous le dit on s’en serait bien passé. 2013 c’est encore loin et j’espère que cette parenthèse des cantonales sera rapidement refermée et vite oubliée de ce qui nous regardent aujourd’hui en Europe et dans le monde entier.

 

 

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