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Cantonales : Sébastien Barles (EELV) veut « sortir la ville du marasme...

24 mars 2011

Et sortir les citoyens qui se trompent de colère de leur isolement, de leurs peurs, de leur sentiment de rejet par rapport à l’autre »

Tête de file Europe Ecologie Les Verts dans le canton Notre Dame du Mont, Sébastien Barles a obtenu près de 19 % des voix lors du premier tour des cantonales. Il revient pour nous sur les résultats de la consultation de dimanche. Le porte-parole du mouvement écolo au niveau local appelle à faire barrage au Front national à l’occasion du second tour, malgré l’absence d’un accord avec le Parti socialiste. Et souhaite un renouvellement des pratiques politiques, plus que des élites.


 

 

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Votre analyse des résultats d’EELV et des autres formations au sortir du premier tour des cantonales ?

Sur Marseille, on est partagé entre désarroi et satisfaction. On fait des très gros scores, entre 15 et 20 % sur les cantons du centre ville et on progresse un peu partout sur la ville donc ça c’est significatif : ça veut dire qu’il y a la place pour une troisième voie sur Marseille, une voie alternative aux deux forces traditionnelles qui gouvernent la ville depuis cinquante ans. Le désarroi c’est l’abstention. La majorité des électeurs et notamment les moins de cinquante ans se sont abstenus d’aller voter. Donc ça effectivement ce n’est pas un bon signe. Et l’autre signe c’est la terrible percée du FN qui se retrouve qualifié sur toute la ville au second tour avec plus de 20 % partout. Ca c’est extrêmement inquiétant pour la démocratie. Il y a une grosse crise démocratique en France.

Quelles explications selon vous, à cette abstention record et à cette ascension du Front national ?

Il y a clairement un effet Marine Le Pen. Dans mon canton, la candidate du Front national fait plus de 20 %. Et sans faire campagne. C’est un effet médiatique. C’est aussi le signe qu’il y a une très grande désespérance dans la population. Il y a la phrase, la fameuse phrase « ceux qui votent Front national se trompent de colère ». Je crois qu’elle s’applique encore et toujours. Et la responsabilité elle incombe un peu aux forces politiques et aux médias qui ont tendance à banaliser le discours de Marine Le Pen, en la mettant au coeur de tous les débats publics, depuis des mois. Il y a aussi une légitimation du discours Front national par des propos nauséabonds, de certains ministres d’Etat qui se permettent de créer l’amalgame entre insécurité et immigration. On a des dérapages verbaux, on a un climat qui nourrit ce sentiment de peur, d’insécurité, donc le rejet de l’autre. Et ça se traduit dans les urnes sur une élection partielle, où très peu de gens votent. Souvent c’est un vote protestataire qui émerge.

Fort de ses bons scores, EELV par la voix de Cécile Duflot a décidé de maintenir ses candidats quand ils étaient en position d’être au second tour. Néanmoins, elle s’est tenue au côté de Martine Aubry hier pour un meeting commun. Au niveau marseillais, comment ça va se passer, sachant qu’aucun candidat écologiste n’est qualifié et que le Front national est présent au second tour dans les onze cantons en jeu ? Y a-t-il une consigne de vote ?

La seule consigne qui existe c’est qu’on appelle à faire barrage au Front national, qui est partout. On appelle clairement à faire barrage au Front national et à choisir les candidats républicains qui resteraient en lice.

En revanche, il n’y a pas eu d’accord avec d’autres formations de gauche ?

Non, on ne fait pas d’accord avec les candidats socialistes ou d’autres forces qui restent en lice sur le département, comme le Front de gauche par exemple. On ne veut pas donner un blanc seing à l’équipe, à la majorité sortante, parce qu’on considère que sur la manière de gouverner l’institution départementale on a beaucoup de critiques à apporter. Il n’y a pas d’accord de mandature, mais en revanche, face à un péril aussi grand que le Front national, il y a un appel clair et net à faire barrage au front national. Du coup il n’y aura pas notre logo sur les bulletins de vote des candidats restés en lice.

Ces cantonales sont les dernières élections avant la présidentielle de 2012. Est-ce qu’elles peuvent servir à prendre la température sur ce que pourrait faire Europe Ecologie Les Verts, ou sont-ces des enjeux complètement différents ?

Les cantonales, c’est quand même une élection locale, qui est très axée sur la proximité. Donc elle est plutôt à mettre en relation avec les élections territoriales de 2014, durant lesquelles il y aura un couplage des élections à la fois régionales et municipales. Une échéance très importante. Ce que l’on cherchait à travers ces élections cantonales, c’est de tracer le sillon d’une troisième voie, d’une voie alternative pour montrer qu’on peut renouveler les pratiques démocratiques à Marseille, qu’on peut amener de l’oxygène en apportant un projet peut-être plus citoyen, et des pratiques politiques plus transparentes, plus participatives. C’est ce que l’on souhaite tracer, avec la société civile, avec les associations, avec les nouveaux arrivants à Marseille.

En définitive, que gagnent les Verts au sortir de ce premier tour, puisque malgré un bon score, aucun des candidats EELV ne se retrouve qualifié pour le second tour ? Un plus grand poids sur certaines décisions départementales ?

Même hier, alors que nous avions cet abattement de ne pas être qualifiés sur certains cantons, et de voir le FN présent sur tous les cantons, on sent une attente qui est forte. Au niveau des citoyens on ne savait pas qu’il y avait un poids aussi fort de l’écologie politique à Marseille. Sur mon canton, beaucoup de gens sont venus me féliciter, et m’ont demandé « qu’est ce qu’on fait maintenant ? ». Et bien on va créer des groupes locaux, des espèces de mini-laboratoires d’écologie urbaine sur Marseille pour transformer l’essai et bâtir un projet alternatif pour les années à venir.

Selon vous quels enseignements, quelles conséquences doivent tirer les partis dits traditionnels de ces résultats ?

Globalement, le système est assez partagé. A Marseille il y a une co-gouvernance qui a permis peut-être d’acheter la paix sociale mais on voit aujourd’hui qu’elle s’essouffle et qu’il y a une espèce d’asphyxie de la ville, qui étouffe. Il y a des sentiments très nauséabonds, très dangereux qui sont en train d’affleurer et donc c’est ce système qu’il faut combattre, c’est ces pratiques qu’il faut changer : ce système de deal permanent, où les citoyens ne sont que des consommateurs. Il n’y a pas de culture de projet à Marseille. Il faut se rassembler sur des valeurs universelles, Marseille porte des valeurs universelles en elle. Il faut retrouver ces aspirations-là sur un projet collectif pour sortir la ville du marasme et sortir les citoyens qui se trompent de colère de leur isolement, de leurs peurs, de leur sentiment de rejet par rapport à l’autre. Et ça, on ne sera pas les seuls, ce n’est pas chacun avec nos petits étendards qu’il faut le porter : il y a de nouvelles formes de citoyenneté, des nouvelles pratiques politiques à créer avec les associations, avec les acteurs qui sont sur le terrain, qui sont en contact direct avec les citoyens.

Vous appelez à un renouvellement des élites politiques locales ?

Des élites mais surtout des pratiques. Marseille manque d’espaces de respiration démocratique. On le voit au niveau local avec les CIQ qui je crois manquent d’autonomie, de réels pouvoirs locaux pour transformer les quartiers. il faut en faire de vrais conseils de quartier, avec des budgets participatifs, avec l’ensemble des acteurs qui s’y retrouvent. A tous les échelons il manque d’espaces de représentation et de participation citoyenne.

 

 

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