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Bruno Gilles : « la sécurité est un sujet récurrent, qui n’est pas réglé »

10 juin 2011

Le Conseil municipal privé de la Ville de Marseille vient de prendre des mesures supplémentaires devant l’insécurité ambiante. Souvent, on reprochait à la mairie de faire preuve de laxisme dans ce domaine. Le même jour, le 30 mai (voir notre vidéo sur notre site Med’in Marseille), Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes, précédé de quelques jours par le secrétaire national du PS chargé de la sécurité, Jean-Jacques Urvoas prônait un discours sur la sécurité dans la cité phocéenne
Le nouveau dispositif étatique/local devrait donc réjouir les marseillais. Même s’il a un coût global non négligeable de 19 millions d’€. Les constats de la délinquance sont sans appel : près de 100 000 crimes et délits en 2010. La criminalité de jeunes est alarmante : le quart des personnes mises en cause en 2010 était des mineurs –hausse des moins de 15 ans et des filles. La criminalité est brutale avec plus de 9 000 vols avec violence, plus de 80 meurtres, la présence du grand banditisme. Réaction de Bruno Gilles, sénateur maire des 4e/5e arrondissements de Marseille.


 

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Nous connaissons des situations de violence accrue. Quels enseignements en tirez-vous ?

Marseille n’est (pourtant) pas une ville maltraitée, nous sommes parmi les mieux lotis en France à part Paris. Nous sommes victimes de l’étendue de notre territoire, Marseille fait une fois et demi Paris. L’explication est toute simple : vous êtes dans le secteur Centre et vous devez vous rendre dans les calanques. La distance est mortelle pour la police, et laisse peu de place à une réactivité forte d’intervention. Concernant la justice, elle n’est pas au rabais comme nous avons pu l’entendre dire dans des médias. M. Dallest (procureur) est assez satisfait des moyens dont il dispose. Et M. Mercier (garde des sceaux) vient de décider de la construction d’une annexe aux Baumettes de 700 places dans le cadre du Plan prisons.
Mais je dirai en conclusion : le tout répressif ne marche pas à Marseille. Il est préférable d’expliquer qu’il y a des règles, des lois à respecter.

L’Etat semble avoir écouté les demandes de Marseille. Des mesures ont été prises. Lesquelles ?

Nous avons dit au ministre (Claude Guéant) : tenez les promesses de votre prédécesseur (Brice Hortefeux) et promettez les choses que vous allez pouvoir tenir. Nous sommes donc tombés d’accord sur le chiffre d’environ 400 : 100 titulaires policiers, affectés aux commissariats. Nous aurons donc une présence policière dans la rue. 325 adjoints de sécurité arrivent pour la rentrée de septembre.
(Par contre) Le renfort l’automne dernier (suite à des faits divers extrêmement graves) s’est effectué au niveau des compagnies de CRS. Le siège est basé, disons, à Marseille mais elles réalisent 90 % de leur travail hors de la ville. Car on (l’Etat) vient les solliciter pour des manifestations importantes. On avait donc demandé que ces compagnies nous soient fidélisées.2 compagnies nous ont été affectées soit près de 200 CRS. Les CRS ont un impact visuel, ils ont l’habitude de faire de la sécurisation.
En marge, nous pouvons faire appel aux réservistes, des policiers nationaux ayant pris leur retraite depuis moins de cinq ans. Le budget a été débloqué par le ministère. Ces policiers peuvent intervenir sur les périodes de l’été ou d’événements comme l’Euro de foot ou Marseille 2013, capitale de la culture.
Et il est prévu l’arrivée de « patrouilleurs » d’ici la fin de l’année, dans un premier temps, pour le centre-ville puis sur les autres quartiers de Marseille. Marseille rejoint les cinq villes d’expérimentation du dispositif « patrouilleurs ». L’idée est de réorganiser pour la Préfecture, les équipes d’intervention et d’avoir deux patrouilleurs au lieu de trois sur le terrain. D’ailleurs, une expérimentation a lieu sur le secteur des 4e/5e arrondissements ce vendredi (10 juin) à la gare de la Blancarde où nous avons rencontré quelques problèmes.

Quel est l’investissement de la Ville ?

Il est prévu le recrutement par concours de 100 policiers municipaux en octobre. Ils seront sur le terrain courant premier trimestre 2012. 20 seront affectés à la vidéo surveillance puisque 1000 nouvelles caméras seront installées d’ici 2013 (dans un premier temps, il est prévu l’installation de 340 caméras). Ces caméras ne seront pas visibles que sur le centre-ville. Dans les mois à venir, une concertation sera organisée avec les mairies de secteur pour couvrir les quartiers en difficulté. Nous (les élus) connaissons les points sensibles. Par exemple, il serait bien qu’il y ait des caméras sur le quartier des « Cinq avenues », « rue St-Antoine » ou le « Parc Billoux ». Ce programme coûte 10 millions d’€ (première tranche), répartis pour moitié entre l’Etat et la Ville de Marseille.

Comment, à défaut de l’éradiquer, diminuer l’insécurité ?

Par exemple, au parc Longchamp, 90 % des plaintes ont lieu durant les vacances scolaires, le mercredi et le samedi. Nous pourrions sur ces temps-là mettre en place une équipe d’intervention. Ou, Marseille étant souvent embouteillée, il vaut mieux opter pour des moyens de transport plus fluides. Tels que le VTT, le scooter, la moto, les rollers, le cheval. Des équipages municipaux pourraient intervenir à cheval sur les plages et dans les parcs. La méthode s’applique déjà à Nice ou à Cannes.

Par le prisme de l’insécurité, l’image de Marseille se dégrade. Quelle est votre opinion ?

On est revenu à une violence très dure, pourtant on s’en était sorti (soupire M. Gilles). C’est dommage pour l’image de la ville. Les faits divers sont très médiatisés, les meurtres dans les cités sont dramatiques et font à chaque fois la Une du journal de 20 heures. Nous avons de grands événements à préparer comme l’Euro de foot, Marseille capitale européenne de la culture. Le marché des croisiéristes se développe très fortement. Cette violence handicape notre économie.

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La venue de Manuel Valls n’est pas passé inaperçue. Que vous évoque son discours sécuritaire ?

Il faut lui rendre hommage. Il est l’un des premiers socialistes de cette jeune génération à casser le tabou entre les socialistes et la sécurité (Manuel Valls vient notamment de faire paraître un livre, intitulé « Sécurité. La gauche peut tout changer »). Il est venu à Marseille, avec le secrétaire national en charge de la sécurité ; c’est de bonne guerre. Je n’ai pas d’ailleurs à critiquer spécialement. Parce qu’il faut reconnaître que l’on peut se retrouver sur certaines positions de Manuel Valls. Il a un discours qui me correspond bien.
D’ailleurs, les maires de secteur de la majorité municipale et gouvernementale ne sont pas tendres lorsqu’ils s’adressent aux différents interlocuteurs concernant la sécurité (il est fait notamment allusion à Guy Tessier, maire des 10e/11e arrondissements).

La sécurité est encore au cœur des enjeux politiques. Qu’en pensez-vous ?

Tout à fait. Le dossier doit être traité par l’Etat et l’ensemble des collectivités. La sécurité est certes une compétence de la mairie mais on aimerait un peu d’aide des collectivités territoriales. La CUM (Communauté urbaine de Marseille) est ouverte. M. Caselli (président de la CUM) essaierait de travailler avec la mairie. Insécurité ou sentiment d’insécurité : nous devons apporter des solutions. Il est important de reconquérir l’espace public et de dépasser les clivages politiques. Pour les Municipales, en 2008, le thème était la propreté. En 2014, ce sera la sécurité. Nous devrons débattre et décider d’un plan Sécurité sur six ans. Ce sera aussi l’enjeu des Présidentielles. La question de la sécurité est récurrente, elle n’est pas réglée. Les réponses à l’insécurité ne sont pas suffisantes, il faudrait bien plus, un vrai projet national.

Propos recueillis par Myriam Mounier.

 



 

 

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