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Au service des tirailleurs tunisiens

14 janvier 2009

Les tirailleurs tunisiens, au nombre de 58 000 durant la première guerre mondiale et 45 000 durant la seconde, sont partie intégrante de l’histoire de France. De l’autre côté de la méditerranée, en Tunisie, le Service des anciens combattants rattaché à l’ambassade de France œuvre pour leur reconnaissance et leur droit. Pour un tour d’horizon sur la situation de ces hommes d’honneurs nous avons porté notre regard sur cette administration française implantée au pays du jasmin.


 

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Placé sous l’autorité de l’ambassade de France ainsi que du Ministère de la Défense Français, le Service des anciens combattants est un lieu d’accueil, d’aide et de soutien aux vétérans tunisiens qui ont combattus pour la France durant les deux guerres mondiales.

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Basé sur le principe d’une mémoire partagée et avec l’accord des autorités tunisiennes, il sert d’interlocuteur aux anciens combattants afin de les aider dans leurs démarches administratives et sociales. Il offre également à ces derniers, un soutien médical avec une prise en charge des appareillages orthopédiques pour les mutilés de guerre ou les victimes civiles. Doté de quatre conseillères administratives et sociales ainsi que de médecins spécialisés, ce service est une structure de proximité au bénéfice des 8000 à 8500 ressortissants du code français des pensions militaires d’invalidité et de retraite vivant en Tunisie.

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Présente également au Maroc et en Algérie, cette institution française a notamment été chargée de mettre en œuvre la réforme des pensions militaires entamée en 2004 et menée à son terme en 2007 par les gouvernements Raffarin et Villepin. L’année 2007 qui a marqué l’aboutissement du processus de revalorisation des pensions militaires d’invalidité et des retraites du combattant avec l’alignement des pensions des vétérans « coloniaux » sur celles des soldats français reste dans les mémoires avec notamment la sortie du film « Indigènes » .

En 2002 sous Jacques Chirac, une réforme basée sur le principe d’équité, avait permis que tout ancien combattant pensionné quel que soit son pays de résidence ait un pouvoir d’achat identique en fonction du calcul du coût de la vie. Cette première réforme aurait permis pour le cas de la Tunisie, selon l’Ambassade de France, « plus qu’un doublement des pensions versées à des ressortissants tunisiens avec un montant annuel pour ces derniers qui passe de 2,7 millions de dinars avant la réforme à 5,9 millions après la réforme ».

Depuis 2005, selon un article du quotidien tunisien Le Temps daté de Février 2007, « les anciens soldats tunisiens de l’armée française ont vu tripler leur pension ».

La réforme de 2007 qui complète le principe d’équité par celui d’égalité a quant à elle permit une vive amélioration de la situation des anciens combattants tunisiens dont les rétributions ont été multipliées par quatre par rapport à 2006, selon l’Ambassade de France. Une revalorisation financière dont la somme totale versée par la France pour le paiement des pensions militaires d’invalidité (PMI) et des retraites du combattant s’élevait « à 18 511 830 euros du 1er janvier au 1er septembre 2007 », selon les chiffres de l’Ambassade de France.

Néanmoins, indique M. Arrouy, directeur du Service des Anciens Combattants à Tunis : « un millier de dossiers de victimes civiles sont en attente de traitement. Il y a en effet eu de nombreux bombardements et chants de mines en Tunisie ». Ces victimes n’entrent pour leur part dans aucun cadre ou catégorie administrative qui leur permettrait de bénéficier pleinement de leur droit.

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Aussi, même si la réouverture des droits des anciens combattants devrait désormais « permettre la recevabilité de toutes les demandes de pensions formulées par les anciens combattants ainsi que l’ouverture des droits à pension, en cas de décès, pour les conjoints survivants dans les conditions de droit commun » comme l’indique clairement l’Ambassade de France, cela reste en réalité l’apanage d’un méticuleux calcul savant et complexe dont la seule administration française en connaît une fois encore, l’impénétrable mystère.

Bien qu’il ait fallu attendre 47 ans pour que la France exprime concrètement sa reconnaissance envers les combattants « indigènes », la plupart des anciens combattants rencontrés sur place se disent honorés d’avoir combattus pour la justice et contre le nazisme au côté de leurs « Frères d’Armes » français.

« Près d’un million de combattants issus de l’ancien empire colonial français ont servi dans l’armée française au XX eme siècle. Originaires du Maghreb, d’Afrique noire, de Madagascar et d’Asie, près de 100 000 sont morts pour la France ».

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