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Apprendre des luttes de nos anciens : Un besoin pour les combats d’aujourd’hui

23 novembre 2010

Après l’affaire du « foulard » nous avons l’affaire de la « burka »,
Après le débat sur « l’intégration » nous avons celui sur « l’identité nationale »,
Après la « loi sur l’œuvre positive de la colonisation » nous avons la polémique contre le film « hors la loi » qui se contente pourtant de rappeler un fait historique avéré : le massacre du 8 mai 1945 en Algérie.
Toutes ces campagnes idéologiques ne sont pas le fait d’une « folie soudaine » mais sont le résultat d’un système inégalitaire et discriminant ;
Tous ces discours visent à construire l’immigration comme « ennemi de l’intérieur » afin de masquer les véritables problèmes que vit la société française et qui ont pour nom : paupérisation, précarisation, discrimination raciste.


 


Même s’ils prennent une ampleur particulière aujourd’hui, ces faits et ces pratiques scandaleuses ne sont pas nouveaux. Ils et elles caractérisent toute l’histoire de l’immigration en général et celle de l’immigration postcoloniale en particulier. Car il y a bien une réalité spécifique pour les immigrés et leurs enfants français qui sont issus des anciennes colonies françaises : pour la première fois le stigmate xénophobe ne s’arrête pas avec les parents mais se transmet aux enfants nés et socialisés en France. Il y a désormais transmission trans-générationnelle du statut d’immigré et des inégalités qui vont avec. Ainsi une enquête du BIT de 2008 fait le constat que 4 employeurs sur cinq choisissent le candidat du groupe majoritaire (le blanc) au candidat du groupe minoritaire (le noir ou l’Arabe). De même les derniers chiffres sur le seuil de pauvreté soulignent une augmentation de celle-ci pour tous les milieux populaires mais aussi une surreprésentation des familles issues de l’immigration dans les familles en paupérisation.

C’est pourquoi la connaissance des luttes des travailleurs immigrés pendant les décennies 60, 70 et 80 n’est pas seulement une question de mémoire abstraite mais est une nécessité pour les combats contemporains pour l’égalité. Ces luttes et cette résistance se conjuguent également au féminin. Moins présente dans l’entreprise pendant cette période, les femmes immigrées ont été des actrices à part entières des combats quotidiens pour la dignité et l’égalité. Connaitre ces combats qu’ils soient dans l’entreprise, dans le quartier ou dans la vie quotidienne c’est bâtir une « mémoire au service du droit » comme le disent si bien les anciens mineurs marocains de l’AMMN.

Les luttes qu’ont menées les travailleurs immigrés que se soit dans les mines du Nord et de l’Est, dans l’industrie automobile à Renault ou à Talbot, dans les foyers SONACOTRA, à Marseille et dans sa région, etc., les luttes des sans-papiers qu’elles soient contre les contrats esclavagistes de l’OMI ou plus récemment pour être régularisés, les luttes des femmes immigrées pour le droit à un statut autonome, pour le droit au logement ou pour assurer une vie digne à leurs familles, etc., les combats culturels utilisant le théâtre, la chanson et toutes les autres formes d’expression pour dénoncer les injustices vécues, etc., toutes ces luttes ont été des luttes pour l’égalité.

En menant ces luttes, nos anciens ont été confrontés aux mêmes difficultés, au même paternalisme, aux mêmes chantages à la « division », au même refus de reconnaître leur autonomie de décision et d’action. Ils ont tenus bon et malgré les difficultés et ont ainsi arrachés des victoires et des acquis. Nous avons besoin de cette expérience aujourd’hui pour qu’elle aide à féconder de nouveaux combats pour l’égalité.

Mais ces combattants de l’égalité ne peuvent même pas bénéficier d’un repos pourtant bien mérité maintenant qu’est venu l’heure de la retraite. Ayant occupé les emplois les plus durs, ils ont les espérances de vie les moins longues. Ayant occupé les emplois les plus dangereux, ils sont confrontés à des problèmes de santé importants. Ayant eu les salaires les plus bas, ils ont des montants de retraites également très bas.

Nos anciens sont également confrontés à des règles administratives qui les empêche d’aller et venir librement et les oblige à respecter des quotas de temps de résidence pour le maintien de leurs droits sociaux pour lesquels ils ont pourtant cotisés toute leur vie comme tous les travailleurs. Les contrôles de différents organismes (CAF, CRAM, MSA, etc.) se multiplient à l’encontre de nos anciens afin de vérifier si les quotas de temps sont respectés et ainsi pouvoir supprimer les prestations. Ces pratiques conte nos anciens sont scandaleuses : ce n’est rien de moins qu’une atteinte à la DIGNITE. Le droit de vivre dignement sa vieillesse reste un combat à mener.

Toutes ces questions ont été abordées et débattues lors de la première rencontre des luttes de l’immigration organisées par l’Association des Anciens Mineurs du Nord en 2009. La rencontre entre ces anciens des mines avec d’autres de chez Renault de l’ATRIS (Association des Travailleurs de Renault Ile Seguin), d’autres venues de Marseille, de la région Lyonnaise, etc., a fait surgir la volonté d’aller plus loin et de construire ensemble.

Parce que nous voulons mener ce combat pour la dignité de nos anciens,

Parce que nous avons besoin d’apprendre de leurs luttes passées pour mener nos combats d’aujourd’hui,

Parce que nous refusons les discriminations racistes massives qui caractérise la société française,

Parce que hier comme aujourd’hui nous exigeons une égalité complète, sans exception et sans condition

Pour toutes ces raisons les associations signataires appellent aux deuxièmes rencontres nationales des luttes de l’immigration les 26 et 27 novembre 2010 à Marseille

Par Saïd Bouamama

Programme des rencontres des luttes de l’immigration

 

 

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