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<FONT COLOR="#01B0F0">Amerindian Massalia Project I : Rencontres en super 8

20 juillet 2011

Six jeunes Québécois ont suivi durant trois semaines une formation cinéma, prodiguée par l’association Apatapela. Fruit d’un partenariat entre la structure marseillaise et le Wapikoni Mobile - un projet itinérant de création audiovisuelle à destination des Amérindiens - l’expérience s’est close sur une projection des films réalisés en super 8.


 

Dans le tout neuf « lieu sans nom » commun à plusieurs associations et situé au 1, rue Consolat, on s’affaire aux derniers préparatifs avant la projection du soir même, ce lundi 11 juillet. La consécration de trois semaines de travail pour six jeunes Amérindiens québécois et quatre jeunes Marseillais, tous âgés de moins de 27 ans. Ils viennent, avec l’association Apatapela, de suivre une formation cinématographique en super 8, accompagnée de notions de prise de son et de sténopé.

Une expérience née de la rencontre de l’organisation marseillaise, avec le dispositif Wapikoni Mobile - dont la caravane circule à travers le Canada et fait escale dans ses réserves indiennes, afin d’initier les jeunes « autochtones » à la création cinématographique et musicale, comme l’explique Zachary Jean-Pierre, originaire de Opitciwan à environ 350 kilomètres au nord-ouest de la ville de Québec.

Jean-Marc Lamoure, cinéaste et intervenant d’Apatapela explique la démarche :

Ce n’est pas la première collaboration d’Apatapela avec le Wapikoni Mobile. German Vidal rappelle que cela fait cinq ans que les deux structures sont en contact. « Nous avions invité Kevin Papatie et Nemnessis McKenzie, des réalisateurs du Wapikoni, dans le cadre de rencontres de cinéma amérindien. Et puis l’année dernière, on a déjà formé des jeunes du Chili, de Bolivie, du Pays basque et de la Catalogne, ainsi que des jeunes d’ici ». En étaient ressortis « beaucoup de diversité, des films très différents, même si tous les participants se sont imprégnés de Marseille ».

Nos six réalisateurs en herbe retiendront de la cité phocéenne qu’il y « fait très chaud ». Mais conserveront surtout le souvenir d’une expérience esthétique inédite. Le super 8, ses bobines à l’ancienne, les techniques particulières de montage ont permis à la dizaines de participants de filmer la ville différemment. Le résultat va de « films expérimentaux, documentaires, jusqu’à de la fiction ou une approche historique, basée sur des archives », résume Marie-Pier Ottowa, membre de la nation Atikamekw dans la localité de Manawan.

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Un peuple discriminé, mais extraordinairement vivant

Cantonnée dans des réserves, une majorité des peuples constituant les Nations premières ne vit pas au même rythme que le reste de la société canadienne. Si certains membres des quelque 500 communautés empruntent l’ascenseur social, étudient et s’établissent en dehors des territoires réservés, les autres ont à subir une forme de ségrégation passive. « C’est assez fermé, confirme Zachary. On y parle surtout la langue locale amérindienne, pas le français. Et il n’y a pas beaucoup de Blancs qui s’installent chez nous. Mais à part quelques événements discriminatoires que nous avons vécus, la différence de traitement n’est pas flagrante ».

« Il y a toujours beaucoup de racisme, assure German Vidal. Les Amérindiens sont écartés des possibilités qu’offre le Canada ». La situation se révèle en fait complexe : «  Ils ont de quoi survivre mais c’est difficile pour eux de sortir des réserves. Ils ne peuvent pas non plus vraiment développer leur culture ». Toutefois, « leur réalité est importante, leurs traditions très fortes, avec une reprise d’identité » qui prévaut aujourd’hui. La finalité de cette fusion des visions contrastées québécoises et marseillaises consiste à « montrer qu’ils sont vivants » aux Européens, qu’eux et leurs coutumes n’ont pas disparu comme beaucoup l’imaginent, même si cette vivacité se ressent peut-être plus dans les pays d’Amérique du Sud, où la présence indienne est plus forte, mais aussi davantage réprimée. Pour pousser d’ailleurs plus loin l’échange, Apatapela en appelle régulièrement à la culture occitane, avec par exemple les Marseillais d’Ostau El Pais.

Les jeunes Québécois ont rallié leur patrie d’origine le lendemain de la projection, emportant dans leurs bagages un peu de Marseille et une nouvelle façon d’interroger la production cinématographique. Jean-Marc Lamoure envisage peut-être d’inverser le regard, en envoyant un petit groupe de Marseillais au Canada. Mais pour l’heure, il retire de cette expérience « de beaux sentiments. On met tout le monde dans une position créatrice, pour faire sortir quelque chose de soi auquel on ne s’attend pas ».

- Pour en savoir plus, visitez le site d’Apatapela.

- Site du Wapikoni Mobile.

- La définition des réserves, dans un article de l’encyclopédie canadienne.

 

 

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