Articles

Accueil > Marseille Provence, capitale européenne de la culture 2013 > Accordémonde, « The new festival d’accordéon of Marseille » dépoussière l’image (...)

 

Accordémonde, « The new festival d’accordéon of Marseille » dépoussière l’image du piano à bretelles

11 juillet 2011 - Dernier ajout 13 juillet 2011

Le Théâtre Sylvain accueille ce soir un festival dédié à un instrument à l’image extrêmement désuète et pourtant on ne peut plus moderne : l’accordéon. Pour la première fois à Marseille, l’Association Culturelle Dauphins-Corniche a souhaité mettre à l’honneur cet organe « exigent, populaire, festif et savant, gueulard et mélancolique, subtil et à part ». Des virtuoses de la « boîte à frisson » feront la nique à la musette façon Yvette Horner.


 

Il devait initialement durer trois jours. Ce sera finalement un « one shot ». Le Festival Accordémonde investit ce soir dès 19 heures le Théâtre Sylvain, lieu emblématique de la culture marseillaise pourtant longtemps laissé à l’abandon. A l’affiche, de grands maîtres de l’accordéon, tels le Cannois Richard Galliano, ou Christophe Lampiddechia le Martégal. But avoué de ce raout : « dépoussiérer l’image de l’accordéon », annonce Rémi Meurer, fondateur de l’événement.

Ce fan inconditionnel du « branle-poumon » n’en n’est pas à son premier coup de soufflet. La première édition du festival s’est en effet tenue en 2003 à Tence, en Haute Loire. Provocation assumée de ce Marseillais, puisque l’Auvergne demeure « le bastion de la musette », style popularisé dans les années 45-50 et invariablement accolé au nom d’Yvette Horner. L’entrée officielle sur la scène musicale phocéenne s’annonce fracassante. Et légitime. Le conservatoire de Marseille constitue « aussi bizarrement que ça puisse paraître la première école d’accordéon de France », avec plus d’une cinquantaine d’élèves à son actif.

Eric Demech, président de l’Association Culturelle Dauphins-Corniche qui porte le projet, explique vouloir montrer avec Accordémonde que la musique tirée de l’instrument à vent peut se révéler « d’une richesse terrible, diverse, variée, adaptable et joyeuse ». L’âge d’or de l’accordéon après-guerre - la rousse Horner était alors la « petite fiancée » du Tour de France - a rapidement laissé place à une représentation vieillotte, surannée. Un désamour qu’expliquent « l’électrification des instruments et le rock », analyse Rémi Meurer. Laissé sur le carreau, l’accordéon reste pourtant « le dernier instrument a avoir été créé », trouvant sa source en Autriche et en Angleterre durant le premier tiers du XIXe siècle. « Le plus moderne » en somme. Mais aussi «  le plus ringard ». Et pourtant...

Réhabilitation du « piano du pauvre »

Loin d’être complètement lisse, l’image du « piano du pauvre » apparaît gondolée comme son soufflet. Instrument populaire - hôte récurrent « des caves et des bouges » - son côté « subversif » lui vaudra d’être interdit par décret en 1930, rappelle Rémi. On note parfois d’ailleurs des réminiscences de cette prohibition, surtout quand l’engin a le malheur de se trouver entre les mains de Rroms...

Sa réhabilitation date d’il y a une dizaine d’années. On la doit notamment aux Acadiens de Louisiane, mêlant dans leurs groupes Zydéco ou Zarico musiques créoles et sonorités Rhythm’n’Blues. D’autres musiciens et chanteurs alternatifs finissent également par s’emparer du phénomène, l’intégrant à leur formation : c’est le cas de Bruce Springsteen, ou encore des Français de la Mano Negra. Entre temps, la « belle mécanique à bretelles » a voyagé de par le monde, se greffant aux musiques traditionnelles chinoises ou d’Europe de l’Est. En Colombie, « les gardes-champêtres utilisaient l’accordéon comme nos brigadiers locaux le tambour », avise sans rire Rémi.

Aujourd’hui, et malgré une organisation réduite (Nomadeus a notamment été déprogrammé), le festival Accordémonde espère contribuer à mieux faire connaître l’accordéon, comme instrument « majeur » des musiques actuelles. Richard Galliano et sa formation acoustique très jazzy, The French Connection ; Rolland Paris que Rémi Meurer a fait s’acoquiner avec le jazz manouche d’Alert’o Jazz ; Christophe Lampiddechia qui transcendera le Hofmann Family Blues Orchestra, enflammeront de leurs notes rondes le petit port de l’Anse de la Fausse Monnaie. Les organisateurs attendent environ un millier de personnes dans ce théâtre à l’acoustique paraît-il incomparable. Le succès devrait être au rendez-vous, si l’on se fie aux faits d’armes passés de Rémi Meurer, autrefois en charge de l’Usine Corot et co-fondateur du Festival Jazz des 5 Continents. L’association Culturelle Dauphins-Corniche souhaite voir le festival pérennisé. Une option plus que probable avec l’avènement prochain de Marseille Provence 2013.

Festival Accordémonde
Lundi 11 juillet dès 19h (début des concerts une heure plus tard)
Théâtre Sylvain
13007 Marseille
Infos : Accordémonde.
Réservations disponibles dans toutes les billetteries habituelles. Possibilité d’acheter sa place directement sur le site. Tarifs : 15/20 euros.

PNG - 238.3 ko

 

 

Autres articles Marseille Provence, capitale européenne de la culture 2013

 

Articles récents

Articles au hasard