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Abdel El-Otmani, persona non grata dans tous les média

15 décembre 2010

Ce trublion du PAF s’est rendu célèbre suite au « piège » tendu à un journaliste du Point – auprès de qui il s’est fait passé pour une femme de polygame pour « démontrer que les média fantasment la banlieue et créent la vérité à défaut de la trouver ». Abdel El-Otmani a tenté de relever un nouveau défi pour Presse et Cité : entrer dans les coulisses de TF1 et de Libération afin de montrer comment l’information se construit. Catalogué comme « piégeur » il a fermement été éconduit. Vidéo.


 

Abdel El-Otmani était présent lors du 3e Forum Média Banlieues, organisé le 10 décembre à Paris par Presse et Cité. Il aurait du présenter à cette occasion une vidéo – commandée par l’association créée par des membres de l’agence de presse Ressources Urbaines – tournée dans les coulisses de TF1 et du quotidien Libération, afin de mettre au jour la production d’information. Alors que Presse et Cité avait obtenu un accord de principe de la première chaîne, et que l’équipe conduite par Abdel El-Otmani avait rencontré Harry Roselmack, il s’est fait mettre à la porte, et s’est vu confisquer sa cassette. Explications :

Il faut dire qu’Abdel El-Otmani a un passé « chargé » : c’est lui qui en septembre dernier a piégé un journaliste de l’hebdomadaire Le Point, en se faisant passer au téléphone pour Bintou, femme de polygame à la multiple descendance. Le reporter avait alors plongé tête en avant, décrivant de manière fort détaillée ladite Bintou, sans l’avoir jamais rencontrée.
Cependant, Abdel El-Otmani refuse d’endosser la seule casquette de « piégeur ». Cette « immersion » au sein des rédactions de Libé et TF1 devait s’inscrire à l’origine « dans la continuité de [son] projet ». « On m’a dit : "tu critiques les média, donc vas voir comment l’information se fait". L’action que je menais ne relevait en rien d’un piège, ni n’avait pour vocation de créer du bidonnage. Les banlieues sont soi-disant des zones de non droit, donc on a voulu retourner la casquette en disant, voilà, c’est un jeune de banlieue qui va aller dans les média pour voir comment ils travaillent ».

Vive réaction de la chaîne privée

Samira Djouadi a souhaité «  donner la version des faits » de la Fondation TF1 – qui soutient des projets portés par « des jeunes issus des quartiers Politique de la Ville » – dont elle est déléguée générale : « j’ai été la personne qui a été contactée par Ressources Urbaines qui m’a expliqué le projet, que j’ai trouvé hyper intéressant. […] Je l’ai pris à bras le corps et je suis partie convaincre notre patronne de l’info qui est Catherine Nay. [...] Nous avons obtenu toutes les autorisations. Sachez que c’est la première fois que l’on autorise de filmer une conférence [de rédaction]. On m’a donné les deux noms des personnes qui devaient venir : pour ne rien vous cacher, Abdel, je ne connaissais pas. Et quand quelqu’un vient à TF1 on n’appelle pas les RG pour savoir s’il est fiché ou pas. Dans la note qu’on m’avait fait passer il devait s’agir de quelqu’un de « candide ». Or Abdel n’a rien de candide, surtout après ce qui s’est passé avec Le Point. […] A aucun moment on nous a parlé d’un « Abdel en immersion ». Tout ça pour vous dire que moi je lutte pour qu’il y ait un travail qui se fasse, qu’il y ait une vraie ouverture vers la banlieue et les jeunes. Mais quand on voit ça, moi la première je baisse les bras. On nous parle de professionnels, mais ça n’est pas du professionnalisme. Abdel s’est grillé tout seul. Si on veut travailler avec les média, il faut être transparent ».

Après discussion, TF1 a restitué la cassette tournée par Abdel au sein de la rédaction. Libération n’a pas souhaité ouvrir ses portes au Marcel Beliveau des média.

 

 

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