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« ADAM Marseille » à la recherche de potentiels entrepreneurs dans les quartiers Nord

21 avril 2011

« Ce n’est pas la volonté qui manque chez les habitants des quartiers populaires mais un accompagnement pour ceux qui souhaitent créer leur entreprise ». C’est le constat que fait Salah Tachoukaft, directeur d’ADAM Marseille (Association de Détection et d’Accompagnement des Micro entrepreneurs). Cette association installée dans les quartiers de Saint-Louis s’est donnée pour objectif d’identifier et de préparer des potentiels entrepreneurs à la création d’entreprise. En effet, ADAM Marseille s’inscrit depuis 2008 dans le programme « Entreprendre en Banlieue » lancée par Planet Finance une ONG - (présidée par Jacques Attali)- qui s’est donnée pour mission de lutter contre la pauvreté par le développement de la microfinance dans les pays du Sud. Dans les quartiers, le principe est le même. L’association ADAM aide les porteurs de projets issus des quartiers populaires à créer leur propre activité. Une contribution à la lutte contre le chômage endémique dans les quartiers Nord. L’association accompagne déjà plus de 150 porteurs de projets. Salah Tachoukaft, lui-même natif du 15ème arrondissement, nous présente les objectifs de cette association.


 

Pourquoi avoir choisi d’implanter « ADAM Marseille » dans les quartiers Nord ? Sont-ils les quartiers de Marseille les plus en difficulté ?

L’association ADAM est une association locale, composée d’un conseil d’administration et d’un bureau de chefs d’entreprises et de cadres qui connaissent assez bien les problématiques des quartiers Nord. Nous sommes partis d’une volonté commune avec Planet Finance de proposer une offre d’accompagnement à un secteur qui souffre de problématiques économiques et sociales difficiles. Les quartiers Nord représentent un quart de la population marseillaise soit presque 200 000 personnes dont les caractéristiques économiques sont plus faibles que la moyenne marseillaise. A savoir un taux de chômage de l’ordre de 30% alors que la moyenne marseillaise est autour des 17%. Et ce, notamment chez les jeunes du 15ème arrondissement où l’on a des pics à 50%. C’est aussi un nombre très important de bénéficiaires du RSA au nombre de 35 000 dans les quartiers Nord de Marseille.

Quelles sont les principales actions que vous menez ?

On a trois actions. Une action de sensibilisation et de première information auprès du public sur les problématiques de création d’entreprises. Parce qu’aujourd’hui l’insertion par les créations d’entreprises est une réalité. On est beaucoup plus sur des actions de responsabilisation individuelle et de sensibilisation à la création de son propre emploi que véritablement sur la création de grandes entreprises. La plupart des entreprises crées sont des entreprises personnelles. En effet, on est véritablement sur la possibilité de créer son propre emploi plutôt que d’en chercher un en vain sur un marché du travail tendu et sur lequel on peut être en concurrence avec de nombreuses personnes. Et n’ayant pas les codes on se retrouve le plus souvent sur le carreau. Les personnes qui viennent nous voir veulent sortirent du chômage.

Notre action de sensibilisation consiste donc à se rendre dans les quartiers pour sensibiliser à la fois, les centres sociaux, les partenaires associatifs et les personnes en direct sur les possibilités de se faire accompagner. On est parti du principe que le gros défaut ce n’était pas forcément la volonté de créer mais c’était surtout l’accompagnement dans les quartiers.

Notre deuxième métier est d’accompagner techniquement ces potentiels créateurs. On accompagne les porteurs de projet, de leur idée jusqu’à la mise en place de leur entreprise. On passe donc par les étapes d’étude de marché, le plan d’affaires, l’aide au montage financier ; évidemment on ne fait pas tout le travail pour le porteur de projet, ce n’est pas l’objectif, c’est véritablement de l’épauler dans ses démarches mais c’est en aucun de se substituer à lui. C’est pourquoi on essaie de faire en sorte que les personnes comprennent la démarche entrepreneuriale dans laquelle elles sont engagées. Notre travail est de l’épauler à la recherche d’information sur son marché. A savoir : qui sont les concurrents ou quels sont les fournisseurs. Ce n’est qu’après qu’on rédige un « business plan » avec le porteur de projet. De là va peut être naitre un besoin de financement. Notre travail consiste aussi à aider le porteur de projet à chercher ces financements en fonction de sa situation professionnelle mais aussi en fonction des ses apports et de ses besoins. On essaie donc de boucler un financement en sollicitant les différents dispositifs qui peuvent exister. Et enfin on conseille les porteurs de projet sur les différentes formes d’entreprises, es différents régimes sociaux et fiscaux auxquels ils peuvent être confrontés. Ce n’est qu’après avoir récolté toutes ces informations qu’ils prennent la décision ou non de créer leur entreprise.

ADAM Marseille est-elle la seule structure à accompagner les habitants des quartiers Nord ? Avez-vous un réseau ou des partenaires avec qui vous collaborez ?

Dans les quartiers Nord de Marseille, on est la seule structure qui fait de l’accompagnement à la création d’entreprise. Mais on s’appuie sur des dispositifs qui s’appuient sur les services d’amorçages de projet qui sont au nombre de deux dans les quartiers Nord. Ils travaillent uniquement sur « l’idée », et ensuite il réoriente les porteurs de projets vers des structures qui sont très souvent localisées en centre ville. Mais nous sommes la seule structure à être implantée dans les quartiers nord et à proposer ce type de service. Le porteur de projet est au centre de notre travail. En effet, nous travaillons beaucoup plus sur la personne, sur son comportement que véritablement sur le projet parce qu’on s’aperçoit très bien qu’on peut avoir la meilleure idée du monde, mais si on n’a pas les épaules pour la porter on ne va pas très loin. Nous faisons donc en sorte que les personnes aient le comportement du chef d’entreprise et qu’elles se responsabilisent.

Avez-vous des critères de sélection ?

On n’en a pas véritablement. On peut se dire qu’on ne va pas rajouter une couche de discrimination là ou il y en a déjà. On accompagne donc tous types de porteurs de projets, qu’ils soient demandeurs d’emplois, bénéficiaires du RMI ou même salariés peu importe. Nous sommes ouverts à tous ceux qui souhaitent nous solliciter parce que chez nous, ils auront une écoute, une oreille attentive. Notre philosophie c’est de travailler sur le plus large public possible mais toujours en gardant en tête que nos quartiers sont au centre de notre action.

Quel est le profil des habitants qui vous sollicitent ?

La moyenne d’âge de notre public est de 36 ans. Le public n’est pas si jeune que ça. Il a déjà des expériences professionnelles significatives mais il est très souvent peu formé dans le sens où 80% du public à un niveau inférieur au bac. Même si, très souvent il a un diplôme dans les métiers manuels et une expérience qu’il veut faire valoir et mettre à profit sur le marché. 70% de notre public est masculin. On mène aussi des actions sur le public féminin qui est plus éloigné de la création d’entreprises pour des raisons techniques. Il y a beaucoup de familles monoparentales dans les quartiers, donc des femmes qui doivent élever seules leurs enfants. Ce n’est pas toujours évident de parler de créations d’entreprises.

80% de notre public sont des demandeurs d’emplois ou des bénéficiaires du RSA qui souhaitent se réinsérer professionnellement à travers la création d’entreprise. Parce que cela fait de nombreuses années qu’ils cherchent du travail en vain et puis aussi il y a cette volonté d’être indépendant. On n’a pas forcément envie de travailler pour un patron. Notre association est donc un laboratoire pour eux et ils vont tester si effectivement ils peuvent devenir patron ou pas et ce, en fonction du contexte économique actuel.

Quelles sont les difficultés auxquelles l’association est confrontée ?

Notre difficulté à nous se situe au niveau de la communication. Les quartiers sont des territoires assez vastes. On souhaite être davantage connu, pas pour notre notoriété à nous, c’est seulement pour que les habitants des quartiers sollicitent une action qui est gratuite pour eux et qu’ils la sollicitent le plus souvent possible. Puisqu’aujourd’hui on est en capacité de recevoir du public. On a envie de faire en sorte que les gens aient de l’information et aussi de la formation avec des outils qu’on a développés, et c’est dommage de ne pas les utiliser. Il faut aussi faire en sorte qu’il y ait une fluidité dans les relations avec les centres sociaux et les dispositifs existant dans les quartiers. Nous souhaitons répandre l’information dans les quartiers et communiquer le plus largement possible.

La discrimination fait-est elle parti des critères qui poussent les habitants des quartiers à devenir chef d’entreprise ? Quels sont leurs témoignages ?

Le critère discrimination, c’est une question que l’on pose au public que l’on reçoit. Ce n’est très souvent pas un motif de création d’entreprises contrairement à ce que je pouvais penser moi-même. Je me disais le sentiment de discrimination peut pousser les gens à créer leurs propres entreprises. Mais cela ne représente peut-être que 20% du public que l’on reçoit. Ce qui est assez faible. Je suis rassuré de savoir que les gens ne subissent pas des discriminations tous les jours. C’est plutôt encourageant.

Quels sont les types de projets dans lesquels les habitants souhaitent s’investir ?

Des activités assez classiques. Un tiers des porteurs de projets vont vers des activités liés au bâtiment. Il y aussi les activités liés aux services (société de nettoyage, services aux entreprises ...)

Quels sont les projets de l’association pour l’année 2011 ?

Le concours « Marseille Nord Business Academy » permet aux chefs d’entreprises de bénéficier d’une formation sur la gestion administrative et la gestion commerciale de l’entreprise tout en développant des logiques de mise en réseau et en tissant des partenariats qui leur font souvent défaut. Durant toute l’année 2011, ces modules de formation vont permettre à ces porteurs de projets d’être notés et les trois meilleurs recevront un prix qui sera attribué par l’entreprise PWC (PricewaterhouseCoopers). Cette entreprise, qui nous fait confiance et qui nous soutient financièrement, récompensera les meilleurs entrepreneurs que l’on aura noté sur des critères objectifs parce qu’on se veut être quasiment un centre de formation sur les entreprises.

Pour plus d’informations :
http://www.adammarseille.fr/
38 Boulevard Oddo
13015 Marseille
04 91 51 76 79

 



 

  • Henriette Nhung Pertus : L’exil douloureux de la « Chinoise verte »

    une pensé a vous henriette !! j admire le courage que vous avez eux pour etre encore parmi nous apres avoir vecu les pires chose qu’il puisse exister !!toutes cette haine cette souffrance dont vous avez etait victime !!j’espere que vous avez trouvé une vie tranquille sens peur et sens crainte du lendemain je vous embrasse

    par langer le Mai 2014 à 20h06

 

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