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A Marseille, « on réclame la libération immédiate du
résistant antisioniste Georges Ibrahim Abdallah »

29 janvier 2013

A l’appel de l’Union Juive Française pour la paix et du comité PACA pour la libération de Georges Ibrahim, une soixantaine de personnes ont manifesté samedi pour réclamer la libération du plus ancien prisonnier politique en France : Georges Ibrahim Abdallah. Ce dernier croupit dans la prison de Lannemezan depuis 29 ans. La justice française avait pourtant décidé de le libérer le 14 janvier dernier. Mais Manuel Valls, ministre de l’intérieur, sous pression des Etats-Unis et d’Israël, refuse de signer son arrêté d’expulsion. C’est la colère et l’incompréhension qui dominent dans le rang de ceux qui réclament sa libération.


 

« Celui qui a bu l’eau de la mer, ne peut pas s’étrangler avec une goutte d’eau. » Par ces mots, Georges Ibrahim Abdallah affirme sa détermination et sa fermeté vis-à-vis de ses convictions et de ses valeurs. Il ne renonce à rien et garde intacte son combat anti-impérialiste et anti-sioniste.

Georges Ibrahim Abdallah n’en est pas à sa première déception mais il lutte toujours contre l’acharnement judiciaire qui l’a mené à subir ces 29 années d’emprisonnement. Condamné en 1987 à la prison à vie, ce libanais a fait de nombreuses demandes de libération, mais toutes ont été rejetées. Il faut dire que les Etats-Unis et Israël ont veillé à ce que les gouvernements français successifs soient soumis à leurs injonctions.

Georges Ibrahim Abdallah est accusé, d’avoir assassiné l’attaché militaire adjoint des Etats-Unis en France, le colonel Ray, et le diplomate israélien, Yacov Barsimentov. Pour Soraya Chekkat, membre du comité PACA pour sa libération, s’est indignée en ces termes : « Il est militant du Front Populaire de Libération de la Palestine et c’est uniquement à ce titre qu’il est enfermé en prison depuis 29 ans. Une honte au pays de la liberté d’expression ».

Yves Bonnet, alors ancien patron de la DST au moment de l’arrestation de Georges Ibrahim Abdallah, réclame également sa libération et dénonce quant à lui, « une vengeance d’Etat ».

Dans un entretien accordé à la dépêche , Yves Bonnet déclare : « Je considère qu’il avait le droit de revendiquer les actes commis par les FARL comme des actes de résistance. Après on peut ne pas être d’accord, c’est un autre débat. Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de Sabra et Chatilah dont les coupables n’ont jamais été punis. Et aujourd’hui, la France garde cet homme derrière les barreaux alors qu’elle a libéré Maurice Papon ? J’aimerais rappeler aussi qu’on a remis en liberté l’assassin de Chapour Baktiar, qui lui, sur ordre de l’Iran, avait décapité l’ancien Premier ministre au couteau et lui avait coupé les mains. Ce type-là, qui a commis un crime atroce, a été libéré moins de 20 après les faits. Georges Ibrahim Abdallah, lui, est plus mal traité qu’un serial killer alors qu’il a commis des actes politiques ».

Ceux qui réclament sa libération, le considèrent en effet, comme un résistant. Un résistant anti-impérialite et anti-sionisme.

Dédale judiciaire et pression sioniste

Pour en arriver à cet espoir de libération, un véritable parcours du combattant a été engagé. En janvier 2012, Georges Abdallah, a fait une huitième demande de libération. En juillet 2012, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté a émis un avis défavorable. Ce n’est que le 21 novembre que le Tribunal d’application des peines a émis un avis favorable sous réserve qu’un arrêté d’expulsion soit signé par le ministre de l’intérieur. Mais la décision a été ajournée au 14 janvier 2013, dans l’attente de ce fameux arrêté d’expulsion, indispensable pour autoriser sa sortie de prison.

Or le 14 janvier dernier, en l’absence de cet arrêté d’expulsion, un nouvel ajournement a été prononcé au 28 janvier 2013. Le parquet général de Paris a donc annoncé mercredi avoir formé un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Chambre de l’application des peines.

Les militants associatifs dénoncent l’obstruction de l’exécutif français à la remise en liberté du plus vieux prisonnier politique détenu en France. Derrières tous ces rebondissements se cachent les différentes pressions des Etats-Unis et d’Israël refusant la libération de ce prisonnier politique sous prétexte qu’il ne s’est pas repenti. Ce qui pose bien évidemment la question de l’indépendance de l’Etat Français soumis aux injonctions d’Etats étrangers. « Chose inacceptable » car « il désavoue les institutions judiciaires françaises au regard du droit international ». Pour Soraya Chekkat, cela ressemble à une mascarade sous couvert de nos impôts, et qu’on s’en sert pour faire la « Hagra » a un homme uniquement parce qu’il est pro-palestinien, je trouve ça, dégueulasse » a-t-elle insisté.

Certains parlent une « mascarade », d’autres, d’une « manipulation ». Il n’ ya qu’à observer la façon dont l’appareil judicaire se comporte pour se faire un avis. Pas plus tard qu’hier, la séance qui devait se tenir le 28 janvier a été reportée au 28 février. Une décision que l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Maitre Jacques Vergès, a appris pendant le trajet, en se rendant à la fameuse audience fixée au 28 janvier. Pourquoi ce soudain changement ? Une justice à deux vitesses ? Ou une Justice sous pression ? Rendez-vous donc au 28 février !

Un détenu exemplaire soutenu dans le monde entier

Georges Ibrahim Abdallah est pourtant décrit par la directrice du pénitencier de Lannemezan comme un détenu exemplaire. En l’attente d’une nouvelle date d’audience d’appel, les initiatives se multiplient sur tout le territoire français, mais aussi dans le monde entier. Tous réclament la libération de Georges Ibrahim Abdallah devant les ambassades françaises. En Tunisie, au Maroc, en Palestine, en Argentine, au Liban … Une pétition est en ligne pour soutenir la libération de ce libanais, libérable depuis 1999.

Les kurdes ont également souhaité se joindre à la manifestation de soutien à ce prisonnier politique. « Si nos camarades kurdes sont présents aujourd’hui, c’est pour justement pour nous rappeler que Georges Ibrahim Abdallah représente les nombreuses luttes contre l’impérialisme et le sionisme. En effet, les Kurdes réclament de leurs côtés, la libération du chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, détenu en Turquie depuis 1999. Abdullah Öcalan aurait été livré par la CIA et le Mossad. « De nombreux combattants kurdes étaient les frères d’armes de Yasser Arafat et ils sont tombés pour la cause palestinienne » a rappelé Mouloud, Membre de l’UJFP.
La communauté kurde était également présente pour dénoncer les meurtres de Sakine Cansiz, l’une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), de Fidan Dogan, représentante du Congrès national du Kurdistan (KNK), basé à Bruxelles, et de Leyla Soylemez, une jeune activiste, responsable des associations de jeunesse kurdes. Elles ont toutes les trois été abattues au Centre d’information du Kurdistan.

 



 

 

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