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25 septembre : Journée d’hommage national aux supplétifs et assimilés ayant servi en Algérie

25 septembre 2016

Les Harkis (mot arabe signifiant "en mouvement") sont des supplétifs engagés pour diverses raisons aux côtés des soldats de l’armée française durant la lutte contre les mouvements indépendantistes en Algérie de 1956 à 1962.


 

Rappel historique : l’indépendance de l’Algérie
Après les accords d’Evian de mars 1962, les malheureux supplétifs de l’armée française les Harkis, pris dans la tourmente de la guerre d’Algérie, furent désarmés et renvoyés dans leurs foyers. Mais très tôt, et sans aucune forme de procès, des massacres de Harkis ou supposés ont débuté et les représailles contre leurs familles se pratiquèrent avec tortures et actes de barbarie que rien ne justifiait. Tout indique que la plupart de ces exactions furent commises par des "combattants" de la dernière heure suivis par des foules excitées et déchaînées. Les chefs du nouveau pouvoir indépendantiste, préoccupés à Alger par leur guerre des clans, négligeaient le respect des accords d’Evian qui interdisaient les exactions et les représailles. Ces accords prévoyaient que nul ne serait inquiété pour ses engagements antérieurs à la date du cessez le feu 19 mars 1962.
Devant le chaos régnant et les assassinats perpétrés contre eux, les Harkis demandèrent la protection de l’armée française, mais celle-ci obéissant aux ordres est restée dans ses casernes. Seuls des officiers courageux passant outre les ordres reçus vont tenter de sauver ces hommes, qui ont toujours servi avec fidélité, afin de les rapatrier en France.
L’abandon des Harkis en Algérie par le gouvernement français
Les ordres de l’abandon des Harkis venaient du télégramme envoyé par le Ministre de la guerre, Pierre MESMER, donnant des instructions confidentielles de ne pas leur permettre de rejoindre la France. Ces recommandations avaient l’aval du gouvernement et elles dataient du 12 mai 1962. Ces consignes démontrent clairement la volonté d’abandon de ces supplétifs de l’armée française après, ne l’oublions pas, qu’ils furent désarmés. Il était donc interdit aux seuls Harkis de quitter l’Algérie. Une autre directive d’abandon est la correspondance du Ministre d’Etat chargé des affaires algériennes, Louis JOXE, qui avait adressé à Christian FOUCHET, Haut-commissaire en Algérie, le télégramme suivant : N 125/IGAA - 16 mai 1962 /Ultra Secret/Strict. Confidentiel.Ministre Etat Louis Joxe demande à Haut Commissaire rappeler que toutes initiatives individuelles tendant à installation métropole Français Musulmans sont strictement interdites. En aviser urgence tous chefs S.A.S. et commandants d’unités. " Signé : Louis JOXE.
Suite à ces décisions, des Harkis arrivés en France furent renvoyés en Algérie, d’autres qui se trouvaient dans des bateaux furent débarqués et certains arrêtés sur le quai par des hommes armés et ont disparu. Quelle tragédie.
Les conditions d’accueil des rescapés
Quelques dizaines de milliers d’Harkis et leurs familles purent finalement échapper aux représailles. Ils arrivèrent en France où pratiquement rien n’était prévu pour leur accueil. Transportés souvent de nuit dans des camions de l’armée, ils furent parqués dans des camps de fortunes aménagés au dernier moment, souvent dans des hangars ou sous des tentes militaires, dans le froid et dans une grande promiscuité.
C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui et depuis plusieurs années, les associations de harkis se battent pour réclamer à l’Etat français de reconnaître sa responsabilité en 1962 dans l’abandon, le massacre et les conditions d’accueil des Harkis.
C’est une juste demande de reconnaissance d’un fait historique indiscutable.
- En 2001, le Président français M.Chirac décida d’une journée d’hommage national à ces supplétifs fixée chaque année au 25 septembre.
- En 2007, M. Sarkozy alors candidat à la présidence fera une déclaration (le 31 mars) jamais appliquée : « Si je suis élu président de la république, je veux reconnaître la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis en 1962, et je le veux afin que l’oubli ne les assassine pas une deuxième fois ».
- En 2012, M. Hollande pendant la campagne pour la présidence de la République écrira (le 5 avril) : « Si le peuple français m’accorde sa confiance, je m’engage à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France ».
Les Harkis survivants et leurs familles attendent toujours la réalisation de ces promesses et que justice leur soit rendue.

 

Par Chérif Lounés
Ancien étudiant de l’Institut d’études politiques, il obtient une licence et une maîtrise de droit à l’université d’Aix-Marseille. Il est aussi diplômé en criminologie. Diplômé en Droit canonique, il s’intéresse aux sources du droit et à l’étude des religions. Acteur associatif, il est passionné par l’histoire et par celle de la colonisation en général et de l’Algerie en particulier. Ancien réserviste de l’armée, il écrit et anime des conférences sur l’Armée d’Afrique dans laquelle son père, engagé en 1937, a servi durant toute la Seconde Guerre mondiale de 1939 à 1945.



 

 

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