Rubrique Des Livres

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Des Livres

 

 

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Librairie Transit, des libraires militants

Fonctionnant sans subvention, tenue par des passionnés, proposant une offre de livres pointus, politiques ou critiques sur la société, la librairie Transit s’est imposée dans le paysage marseillais. On croise ces libraires, un peu partout. Ils se déplacent avec leur lot d’ouvrages critiques souvent là où l’on s’attend le moins, lors de débats, manifestations et permettent de prendre un peu de hauteur sur les évènements. Rencontre…

Désormais située sur le boulevard Libération, la librairie Transit a été fondée, en juin 2011, par quatre passionnés de livres et militants politiques anticoloniaux et anti-impérialistes, au sens large. Désireux de combler un vide à Marseille depuis la disparition de la librairie Païdos du cours Julien, ils souhaitaient poursuivre un travail de librairie indépendante et engagée, sous forme associative. Aujourd’hui, le projet est porté par Michel Touzet, un ex de Païdos, Elodie Debureau, bibliothécaire, Alain Castan, membre du NPA et l’artiste Muriel Modr, également fondateurs de la petite maison d’édition artistique La Courte Echelle. Depuis le printemps 2012, l’association a réussi à créer un emploi salarié. Mais, on le sait, la situation économique reste fragile. Une librairie itinérante au départ (...)


3 octobre 2013 par Claire Robert - Dans Des Livres

 

 

Les IMMORTELLES

Au lendemain du terrible tremblement de terre qui frappa l’ile d’Haïti en 2010, Mackenzy Orcel ecrivit son premier roman : Les Immortelles. De l’effroyable catastrophe germât des fleurs magnifiques, des expressions de vie brutes. Makenzy Orcel est de celles ci. Sont talent rend hommage à tout un peuple, toute une île qui n’en peut plus d’avoir la souffrance pour soleil et l’indifférence pour échos.

Le livre est court, très bien présenté dans son édition originale chez Zoulma diffusée par la maison d’édition Seuil. Le texte est délivré au fil des pages comme un poème. La sobriété de la mise en page, l’offre tel quel au lecteur. Pas de fioriture, juste du silence qui encadre les mots. Et ils sont tous là, simples et dignes. Tous ceux qui parlent de l’émotion et de l’infinie souffrance humaine. C’est le témoignage, délivré depuis sa chambre devant un écrivain, d’une prostituée aguerrie, d’une reine de trottoir. Et par elle nous est parlé d’Haïti. Et par elle nous est parlé de la nature humaine. De sa grandeur et de sa noblesse, qui partout fleurissent. Et de l’espoir qui jamais ne quitte ceux qui n’ont plus que leur corps pour unique richesse. Haïti est très loin de nous, dans son existence même. La (...)


22 juillet 2013 par Gaël Assouma - Dans Des Livres

 

 

Quartier noir

Il y a quatre ans, le consulat américain de Marseille rendait hommage à l’écrivain Claude Mc Kay lors d’une exposition proposée dans le cadre du Black history month. Ce fût l’occasion de découvrir Banjo, roman écrit en France, qui relate l’errance dans le Marseille des années vingt, d’un groupe hétéroclite de Noirs anglophones et sans le sous, emmenés par un solide et joyeux gaillard du Sud profond de l’Amérique, Banjo. Aujourd’hui nous traversons l’Atlantique et remontons quelque peu le temps pour plonger dans l’univers du premier roman de l’écrivain, lui aussi rédigé à Paris. Immersion dans les eaux noires et enfiévrées de Harlem au lendemain de la première guerre mondiale. Amour, chance, Jazz et passion, bienvenue dans Quartier Noir.

C’est une sensation étrange que d’entamer un livre de Claude Mc Kay. On glisse dans l’histoire sans s’en rendre compte. Un discours simple, franc déroule sous nos yeux un univers qui subitement nous enveloppe. Tous les sens sont en éveil. Il n’y a pas à chercher d’intrigue, juste suivre les personnages et, comme Jack, le premier d’entre eux, se laisser porter par la vie qui afflue. Il sera temps, notamment à la rencontre de Ray le jeune intellectuel, double de l’auteur, de s’interroger sur le monde et le sens des choses. Il y a des Noirs, il y a des trains, des villes. Il y a Harlem. Les Blancs sont extérieurs à ce monde. Mais le roman n’est pas pour autant monochrome. L’écriture est éblouissante de couleur. Et le noir de la peau humaine les a toutes. « Chocolat », « caramel », « jaune », « liège (...)


28 janvier 2013 par Gaël Assouma - Dans Des Livres

 

 

« Ils sont et font la France »

Ils s’appellent Juan, Anna, Jian, sont Espagnols, Polonais, Chinois... Tous ont migré vers la France il y a dix, vingt, soixante ans. Par choix. Ou pas. La journaliste Nadia Hathroubi-Safsaf a recueilli leur histoire, leur sentiment pour ce pays où ils ont parfois réussi, mais qui ne les a pas toujours bien accueillis. Immigrations plurielles, témoignages singuliers leur donne la parole.

Politique, historique, Immigrations plurielles, témoignages singuliers l’est sans conteste. Davantage encore, l’ouvrage sans images se révèle sentimental. Rencontrés pour la plupart grâce au bouche à oreille, des immigrés de tous horizons, qui ne partagent parfois que leur aventure migratoire, se racontent librement, sous la plume de notre consœur Nadia Hathroubi-Safsaf. Jian, jeune Chinois à l’abnégation et la volonté sans faille qui veut se faire « l’enfant » de la France ; Fatéma, ethnologue et figure réputée de la gastronomie marocaine avec son restaurant de la Mansouria ; Guido, Italien prolixe à qui l’on doit le Musée de la poupée à Paris ; Alain, Ivoirien arrivé en France par « un concours de circonstances », qui pensait en repartir et s’y est finalement établi… Dix portraits et autant d’origines, de (...)


17 janvier 2013 par Anne-Aurélie Morell - Dans Des Livres

 

 

Maurice Gouiran : l’art de mettre l’Histoire en polar

Entrer dans « Et l’été finira » de Maurice Gouiran c’est être plongé dans la litanie de l’horreur des crimes racistes qui ont marqué la fin de l’été 1973 à Marseille en douceur, terriblement en douceur.









D’abord parce que c’est un jeune homme qui veut envers et contre tout profiter de son dernier été du coté de Marseille avant de rejoindre Paris, son premier job et la vie d’adulte que l’on suit dans son éveil de conscience et son enquête jusqu’au cœur de la cible… Ensuite, parce qu’il nous propose de suivre le récit de cette flambée raciste en émaillant le calendrier des « incidents » par des citations de la presse dont le tristement célèbre édito du 26 aout 1973 de G. Domenech , rédacteur en chef du journal Le Méridional, qui donnait le « la » à une vaste campagne raciste. Il est bon de se rappeler ces contenus propres à encourager le passage à l’acte : « Assez de voleurs Algériens, de casseurs Algériens, de fanfarons Algériens, de proxénètes Algériens, de syphillitiques Algériens, de violeurs Algériens, (...)


3 avril 2012 par Nadia Bendjilali - Dans Des Livres

 

 

Infiltration d’une journaliste au FN : il y a 25 ans, la marseillaise Anne Tristan créait un précédent

Dans son livre Bienvenue au Front, Journal d’une infiltrée, en librairie depuis lundi, la journaliste Claire Checcaglini explique comment elle s’est fondue huit mois durant dans le parti de Marine Le Pen, jusqu’à se voir proposer une investiture pour les législatives. Sa conclusion : le racisme et notamment l’islamophobie y sont tangibles. En 1987, une journaliste et militante marseillaise tentait déjà l’expérience. Établie dans les quartiers nord de la ville, Anne Tristan devenait en six mois secrétaire de la section locale du XVe arrondissement. De son immersion, elle tirera l’ouvrage Au Front. Sa conclusion : les sympathisants du Front national seront bientôt « plus nombreux  ». Un quart de siècle plus tard, l’augure semble s’accomplir…

Scandale au Front national vs succès de librairie assuré. L’annonce de la parution du livre Bienvenue au Front, Journal d’une infiltrée commis par Claire Checcaglini a fait l’effet d’une bombe au sein du parti de Marine Le Pen. La leader frontiste a annoncé qu’elle attaquerait en justice la journaliste indépendante. Ces méthodes journalistiques qui veulent que l’enquêteur avance masqué, sujettes à caution pour une partie de la profession qui n’y voit pas un strict respect des principes déontologiques du métier, apparaissent inévitables à d’autres. Ainsi seulement peut-on lever des lièvres trop bien terrés, libérer une parole oublieuse de tout protocole, défardée de la com’ FN nouvelle vague, version « dédiabolisé ». C’est le cas de Claire Checcaglini : « Il me parait évident que jamais en tant que (...)


4 mars 2012 par Anne-Aurélie Morell - Dans Des Livres

 

 

Lettres de non motivation

Alors qu’il a publié en 2007 un recueil de « lettres de non motivation », l’artiste Julien Prévieux exposait en fin d’année une dizaine de ses plis à la maison populaire de Montreuil. L’expo s’inscrivait dans un cycle proposé par le collectif EXIT, qui vise à questionner la place de l’individu dans le monde du travail. Plongée dans l’univers de ce robin des bois de l’ANPE qui revient avec nous sur ce projet un peu timbré.

En 2000, Julien Prévieux est encore étudiant aux Beaux-arts de Grenoble. Pour postuler comme webmaster ou graphiste, il se coltine pas mal de lettres de motivation. « La difficulté de la lettre, c’est de décrire sa vie de la façon la plus glorieuse possible, de répondre à toutes les attentes imaginables de l’employeur. On tente de se réécrire, de cacher ses incohérences, on essaie obstinément de rentrer le rond dans le carré en gros. Et puis on encaisse les refus, tous plus froids et impersonnels », se souvient l’artiste. Un entretien en particulier l’a profondément marqué, un QCM pycho-technique : « J’ai eu droit à des questions du genre : Est-ce que vous pleurez quand vous voyez un chat mort, ou encore : si un chien est blessé au bord de la route, est-ce que vous vous sentez mal ? Oui, non peut-être, avec (...)


3 janvier 2012 par Noémie Coppin - Dans Des Livres

 

 

L’immigration libanaise à Marseille à travers Ces Marseillais venus d’Orient

Dès le XVIe siècle, Marseille a été une ville d’implantation pour les émigrés libanais. Une communauté dont on parle peu. Au terme d’une étude sur cette migration, issue d’une thèse de doctorat intitulée « Libanais à Marseille aux XIXe et XXe siècles, migrations et identité(s) », Liliane Rada Nasser propose à ses lecteurs d’en découvrir l’histoire. A partir de recherches abouties, d’analyses accomplies et surtout de quatre-vingt-deux entretiens recueillis, l’auteur décortique les parcours migratoires de 1800 à 1975, l’émergence d’une entité libanaise de 1900 à 1943, en introduisant à cela les courants de l’après-indépendance, jusqu’à la visibilité et la "reconnaissance" des Libanais à Marseille. Après le salon du livre francophone à Beyrouth et diverses signatures à Marseille, cette Libanaise d’origine du Sénégal nous ouvre les pages de son histoire. Entretien.

Lilian Rada Nasser présente « Ces Marseillais venus d’Orient. L’immigration libanaise à Marseille aux XIXe et XXe siècles » Med’in Marseille : vous êtes historienne de formation et Libanaise d’origine. On peut facilement comprendre vos motivations quant à cet ouvrage mais quelle a été la petite étincelle qui a déclenché ce long travail ? Liliane Rada Nasser : l’aventure s’est construite autour de la personnalité de mon père. Il avait des talents de conteur et nous racontait toujours en arabe et en français des histoires du roi Haroun El Rachid et de personnes qui avaient immigré au Brésil ou à tel endroit et j’ai eu envie d’écrire là-dessus. J’ai donc choisi ce thème pour mon DEA et c’est ainsi que l’histoire a commencé. Après, il y a eu énormément de coupures, des accidents de la vie qui ont fait que ça a (...)


26 décembre 2011 par Sarah Lehaye - Dans Des Livres

 

 

Mettre un visage sur des chiffres

De passage à Paris, le photojournaliste Bertrand Gaudillère présentait il y a quelques jours, à la librairie du Monte En L’Air, son livre « Des chiffres, un visage », un ouvrage reflétant la politique actuelle de la France en matière d’immigration. Le photographe a suivi le parcours de Guilherme, un sans-papier angolais de 45 ans, arrivé en France il y a neuf ans et qui a échappé à quatre tentatives d’expulsion, grâce à l’appui de nombreux voisins, militants ou simples citoyens. Le photographe, membre fondateur du collectif Item implanté à Lyon, a ainsi décidé de raconter l’histoire de Guilherme et de mettre en image cette mobilisation citoyenne à travers un reportage photographique. Rencontre avec un photographe militant.

Med’In Marseille : Quelle est la signification de ce titre ? Bertrand Gaudillère : J’ai choisi ce titre pour rebondir sur le premier volet de mon projet consacré aux sans-papiers, un travail entamé il y a quelques années et qui s’appelait « les chiffres ont un visage ». Ce slogan correspondait à une campagne de sensibilisation sur les sans-papiers orchestrée par Réseau Éducation Sans Frontières (RESF). Il signifiait en substance qu’il ne faut pas oublier que derrière les chiffres, se cachent des visages. Quand j’ai commencé à travailler sur cette question, ma préoccupation tournait autour du fait qu’aujourd’hui, quand on parle d’immigration, c’est uniquement en termes de chiffres, de pourcentages, en oubliant que derrière ces statistiques, il y a des gens avec des parcours de vie, avec de vraies motivations (...)


5 décembre 2011 par Marie-Ameline Barbier - Dans Des Livres

 

 

Vous brûlez vos vies, parlez debout

Harragas, les brûleurs de frontières, une BD qui n’en est pas une. Témoignage d’une quête d’Eldorado qui passe par l’immigration clandestine. Entreprise quasi-suicidaire de Maghrébins embarquant pour peut-être ne jamais arriver : risquer sa vie ou mourir en Méditerranée, risquer sa vie ou mourir dans son pays.

Ouvrage prémonitoire, achevé en 2009 et auquel a fait écho l’année suivante le film éponyme signé Merzak Allouache, Harragas aborde ce phénomène migratoire peu étudié qui pousse des centaines de jeunes Maghrébins à tout quitter pour prendre la mer, direction l’Europe, temple d’une économie florissante, pensent-ils. Deux ans plus tard, les révolutions sont passées par là, entraînant l’intensification des flux de réfugiés. « L’Histoire qui se déroule sous nos yeux lui donne certes une tonalité encore plus grave avec les exodes que vivent certains pays du Maghreb. Mais l’histoire, avec ce « printemps arabe », c’est aussi un renouveau, porteur de tant d’espoirs... » écrit Nadia Laporte-Aboura, initiatrice de l’œuvre et qui en a dirigé la conception. Soudant textes bruts, parfois brutaux, nés sous la plume de (...)


7 novembre 2011 par Anne-Aurélie Morell - Dans Des Livres

 

 

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Autres articles Des Livres

 

Brèves Des Livres

  • 6 février

     

    Sortie du livre "L’IMPASSE POSTCOLONIALE", selon Philippe San Marco

    Philippe Sanmarco, président fondateur de Convention citoyenne, s’attaque à la question de la fracture coloniale avec ce livre : "Sortir de la question coloniale". Selon l’ancien député socialiste des Bouches-du-Rhône, il faudrait "déconstruire un discours de victimisation qui enferme, déresponsabilise et conduit à l’impasse". Rien que ça ! Donc si l’on comprend bien, les français issus des ex-colonies se victimisent. ils doivent certainement s’inventer des discriminations, des violences policières, des stigmatisations médiatiques et j’en passe. Nous sommes donc étonné de la thèse lancé par l’ancien socialiste, ancien alié de Gaudin en 2008, puis soutien de Pape Diouf lors des municipales 2014. Alors faut-il remonter à la naissance de Philippe Sanmarco au Cameroun pour expliquer cela. Ironie du sort, ce livre sort en pleine affaire Théo ce jeune homme noir qui se fait déchirer l’anus par une matraque lors d’une énième bavure policière. San Marco oserait-il nous dire que ce n’est pas une pratique hérité du temps bénie des ratonnades coloniales impunies !? Nous ne le chroniquerons certainement pas, si un de nos lecteur veut bien le faire.... Sinon pour le pitch du livre par l’auteur, pincez vous le nez, le (...)

     

  • Juin 2016

     

    La France pays de race blanche... vraiment ?

    Gaston Kelman écrivain franco-bourguignon originaire du Cameroun vient de sortir un petit ouvrage jubilatoire : "La France pays de race blanche... vraiment - adresse à Nadine Morano" chez Archipel. Son thème, stop à la fragmentation de la société en une dimension colorielle ! Il est nécessaire de repenser notre société comme une véritable entité de valeurs et non de couleurs. Allez sur youscribe.com et vous trouverez quelques pages qui vous ferons vous précipitez chez votre libraire pour acquérir ce petit joyau.

     

  • Mai 2016

     

    Laurent Mucchielli appuie là où ça fait mal

    Avec sa co-auteur Emilie Raquet, le sociologue spécialiste de la délinquance vient de sortir « Délinquance, police, justice – Enquêtes à Marseille et en région PACA ». Un brulot. Il en profite pour faire l’enterrement en première classe de son Observatoire régional de la délinquance et des cotextes sociaux (ORDCS). Expérience qu’il a porté à bout de bras de 2011 à 2015 avec le soutien de la région PACA. Au début de sn ouvrage il explique sa difficile genèse et son caractère novateur dans le domaine des sciences sociales : constitution d’un réseau de chercheurs, programme de recherches, activité de diagnostic et d’évaluation des politiques publiques. Il rappelle l’état catastrophique de la recherche dans ce domaine : le manque de moyens, de locaux et surtout l’absence de volonté politique pour y remédier. Il nous livre ensuite un ensemble de travaux produits qui souvent dynamitent les idées reçues sur Marseille, capitale du crime et sa région. C’est une mine d’informations pour tous les acteurs du social, de la prévention et de l’information. Une dose de Mucchielli tous les jours et vous verrez la lumière. Je sais, j’exagère, mais quand nous savons que la délinquance, la violence comme l’immigration seront au cœur (...)

     

  • Avril 2016

     

    Monsieur Tir, un marchand de bien

    Le nom de Tir brille au soleil des voyous et pourrait devenir aussi célèbre que celui de Zampa il y a quelques années, retrouvé pendu dans sa cellule des Baumettes et décédé peu après, une affaire des plus troubles jamais vraiment élucidée. Mais Med In Marseille qui œuvre à la mémoire de l’immigration se devait d’évoquer la mémoire d’un M. Tir et j’ai sorti de nos archives le très bel ouvrage du Comité Mam’Ega à la mémoire du patriarche de cette famille M. Mahboubi Tir. Ce remarquable travail a été réalisé en 2003 par Karima Berriche (texte), Frédéric Pauvarel et Bernard Ribet (photos) et préfacé par le grand historien de l’immigration dans notre cité Emile Temime. Il a été publié grâce au soutien du Conseil Général 13 et plus particulièrement de M. Denis Rossi. Qui était notre homme ? M. Tir Mahboubi dont le nom en langue arabe, signifie « oiseau » et le prénom « bien aimé » était originaire des Aurès en terre chaoui. Il avait vu le jour en 1915 à Boudhérem. Il était le cadet d’une fratrie de onze enfants. Son père était cadi, un petit notable villageois. Il part pour la France dans les années 50, est ouvrier puis s’installe à Marseille et ouvre une alimentation en bordure du grand bidonville du quartier de Saint Barthélémy. (...)

     

  • Janvier 2016

     

    A lire : « Palmyre – L’irremplaçable trésor »

    Paul Veyne, 85 ans, historien, notre plus grand spécialiste de l’Antiquité gréco-romaine vient de sortir chez Albin Michel un magnifique petit ouvrage sur cette ville antique de Syrie : « Palmyre – L’irremplaçable trésor ». Avec la destruction de se site par Daech, il a vu son sujet d’étude voler en éclat et disparaître un pan de notre culture. Il est profondément marqué par ce saccage incompréhensible et en 140 pages il esquisse un portrait de ce que fut la splendeur de ce lieu qui n’existe plus que dans les livres. Il ranime le souvenir de la reine Zénobie, à la fois reine d’Orient et vraie romaine. Il nous prend par la main et nous emmène déambuler avec lui dans cette ville joyau. Nous y découvrons ses temples, ses monuments, nous entendons parler ses habitants et nous les voyons prier la soixantaine de divinités de leur panthéon. Je vous livre ici la première page de sa conclusion, un antidote au poison mortel de la barbarie de notre temps. « Palmyre ne ressemblait à aucune cité de l’Empire. Que son art soit primitiviste, oriental, hybride ou hellénisant, que ses temples aient ou non des fenêtres, que ses notables portent un vêtement grec ou arabe, qu’on y parle l’araméen, l’arabe, le grec et même, dans (...)

     

  • Janvier 2016

     

    A lire : « Sociologie d’une crise religieuse – Qui est Charlie »

    Essai ambitieux d’Emmanuel Todd sur le mal français. Dans le doute et avec méthodologie en 242 pages il dissèque la société française pour commencer une explication plausible et audible par le commun des mortels des événements terribles que nous venons de subir. Il utilise tous les outils des sciences sociales et se risque sur les chemins de l’analyse psychanalytique de groupe pour démonter ce mécanisme apocalyptique. Deux passages que j’ai relevé, un dans l’introduction, l’autre dans sa conclusion traduisent pour moi un résumé symbolique de l’ouvrage. « La focalisation sur l’islam révèle en réalité un besoin pathologique des couches moyennes et supérieures de détester quelque chose ou quelqu’un, et non pas simplement la peur d’une menace montant des bas-fonds de la société, même si le nombre des départs de jeunes jihadistes vers la Syrie ou l’Irak mérite aussi une analyse sociologique. La xénophobie, hier réservée aux milieux populaires, migre vers le haut de la structure sociale. Les classes moyennes et supérieures cherchent le bouc émissaire ». C’est un tir à boulet rouge mais l’homme argumente et la démonstration si elle subira des assauts frontaux restent une forteresse intellectuelle au siège difficile. « (...)

     

  • Décembre 2015

     

    A lire bientôt : "La Fabrique du Monstre de Philippe Pujol"

    Les ouvrages sur Marseille sont nombreux : de l’éloge au dégoût, ils sont rarement de bonne qualité et les quatrièmes de couverture nous annoncent des révélations souvent fantaisistes parfois mensongères. Marseille c’est le sujet qui peut rapporter gros et vendre tous médias confondus, comme l’Olympique de Marseille et pire comme le navet sans fin « Plus belle la vie » qui nous décrit un Marseille de pacotilles pour les ménagères de plus de cinquante ans. Mais début janvier Philippe Pujol, ancien de la rédaction de La Marseillaise et Prix Albert Londres 2014 du meilleur « Grand Reporter de la presse écrite » sort aux éditions Les Arènes « La fabrique du monstre – 10 ans d’immersion dans les quartiers nord de Marseille la zone la plus pauvre d’Europe ». Depuis 2004, notre homme s’est livré à une analyse sans concession du système local : banditisme, corruption, clientélisme, conflits d’intérêts… autant de maux qui concourent à fabriquer ce monstre où règne depuis 1995 un sénateur-maire âgé et inamovible maintenant président d’une métropole dont la naissance est contrariée par un avis du Conseil d’Etat et suspendue jusqu’à une décision du Conseil Constitutionnel, où l’ancien président du Conseil Général poursuivi entre (...)

     

  • Décembre 2015

     

    A lire

    Nouvel ouvrage de Gilles Kepel avec Antoine Jardin : « Terreur dans l’hexagone –genèse du djihad français » chez Gallimard. Avec son titre accrocheur et sa couverture au lettrage bleu, blanc, rouge sur fond noir, avons-nous droit à la énième explication sur les raisons qui poussent de jeunes français à mourir pour le jihad ? Sommes-nous devant l’ouvrage savant qui va remettre du rationalisme dans nos peurs ? Avons-nous un patchwork de théories collées les unes aux autres qui dans le feu des événements et sous la pression éditoriale de réaliser un livre à chaud risque encore plus de perdre les néophytes ? A la première lecture, je dirais les trois mon général. Le prologue « De la marche des Beurs à Charlie et au Bataclan » page 15 à 25 est un raccourci historique et événementiel risqué qui ressemble au titre d’une émission de la chaîne de la TNT ; Les deux autres grands chapitres : « I L’incubation – De Clichy à Sarkozy 2005 2012 et « II L’éruption – De Hollande à Charlie et au Bataclan 2012 2015 » sont de la même veine. Pourtant oh divine surprise « L’épilogue – entre kalach et Martel » est séduisant. Je passe sur la relecture des événements survenus à Poitiers en 732 date qui elle-même pose problème aux médiévistes (...)

     

  • Décembre 2015

     

    Karim vote à gauche et son voisin FN

    « Depuis plusieurs décennies, on s’interroge à chaque élection sur la manière dont ont voté les électeurs en fonction de leur genre, de leur âge, de leur profession et, évidemment, de leur religion. Pendant longtemps, l’enjeu consistait à mesurer le vote “catholique” ou le vote “juif”. Aujourd’hui, ­l’enjeu c’est aussi le vote “musulman”. Ce dernier a suscité de nombreux commentaires après les dernières élections municipales. Des socialistes battus, expliquant que leur défaite tenait à l’abandon de l’électorat musulman, conséquence du mariage pour tous. Des leaders des ­Républicains, se réjouissant d’avoir récupéré le vote musulman. Enfin, quelques obser­vateurs en mal de sensationnel sont allés jusqu’à annoncer le basculement de cet électorat vers le Front national. L’objectif de cet essai est très simple : étudier à la fois le vote “musulman” – vers qui se tourne-t-il et quelles sont ses motivations ? – et l’impact électoral, s’il existe, de la présence d’une population d’origine arabo-musulmane dans les différents quartiers. Dans cette enquête dirigée par Jérôme Fourquet apparaît le visage d’une France trop rarement représentée comme une réalité dans l’analyse des votes, alors qu’elle est, inversement, surexposée comme (...)

     

  • Novembre 2015

     

    La discrimination coûte dix milliards d’euros par an à la France

    Le constat des auteures de l’ouvrage (une étude du Think Tank Different) dont nous publions ci-dessous deux extraits est sans appel : la discrimination coûte cher à la société française. Dix milliards d’euros de manque à gagner chaque année car l’État investit et forme une jeunesse qui faute d’embauche, ne contribue pas ensuite à produire la richesse du pays. Faute d’embauche en grande partie due à une discrimination généralisée… Dans leur ouvrage les deux chercheuses écrivent qu’il faut inventer de nouvelles perspectives pour cette jeunesse éduquée mais larguée, et cela passe par la collecte de données sur les origines des individus pour pouvoir renforcer les sanctions contre les discriminations. Lire la suite de l’article surthe conversation

     

  • Novembre 2015

     

    L’odeur du jasmin se consume

    Le Grand Prix du Roman de l’Académie Française vient de couronner ex-æquo Boualem Sansal et le romancier tunisien Hédi Kaddour. La littérature maghrébine d’expression française terme générique reconnu en cette année 2015 par les « immortels ». Et dans ce cas la Tunisie. Tunisie du prix Nobel de la Paix pour quartet qui assura la transition démocratique du pays qui n’a pas encore basculé dans un drame à l’algérienne des années 90 mais Tunisie de l’attentat du Musée du Bardo et de la plage de Sousse. Une Tunisie qui a renvoyé le pouvoir islamiste et congédier ses peurs par les urnes. Mais aussi une Tunisie victime du fossé qui s’accroit entre les plus riches qui ont retrouvé une partie de leur liberté confisquée par les « Thénardier » Ben Ali mais qui a encore ses cohortes de « Misérables » au centre ou aux confins sud du pays. Tunisie de Mohamed Tarek Bouazizi qui s’immola par le feu et devint le détonateur qui fit exploser la société tunisienne qui étouffait sous l’emprise d’une famille aux dérives prédatrices. Un marchand ambulant de fruits et de légumes qui ne rêvait pour un monde meilleur que d’avoir seulement une camionnette pour ne plus avoir à tirer sa charrette de misère. Bouazizi le cramé d’une vie morne et (...)

     

  • Octobre 2015

     

    Le livre Mein Kampf d’Adolf Hitler, va être réédité en France

    L’ouvrage manifeste écrit par Adolf Hitler, Mein Kampf, avait déjà été publié en France en 1934, dans une traduction médiocre. Cette version du livre écrit par le fondateur du nazisme est toujours disponible en France, accompagné d’un court avertissement de quelques pages en début d’ouvrage. Mais le document historique, interdit de commercialisation dans certains pays, car il véhicule un message de haine, va être réédité en France et publié en 2016 par la maison Fayard, le Land de Bavière, n’étant plus propriétaire des droits à partir du 1er janvier. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/articl...

     

  • Octobre 2015

     

    Le sens de la République essai de Patrick Weil

    Depuis le traumatisme de janvier 2015, la République n’a cessé d’être invoquée et convoquée, notamment lors des immenses manifestations du 11 janvier. Fondement de notre société, socle de la citoyenneté et rempart de notre laïcité, elle fut aussi décriée. A force de ne pas tenir ses promesses, il lui fut reproché de favoriser l’entre-soi, le communautarisme, voire l’apartheid social. Après la Concorde… vint le temps de la discorde. C’est alors que la volonté de questionner Patrick Weil apparut comme une évidence. Historien de l’immigration et de la nationalité, directeur de Recherche au CNRS, professeur invité à l’Université de Yale et à l’école d’économie de Paris, il est un des rares intellectuels à pouvoir intervenir dans le débat public sur des sujets aussi brûlants que l’intégration, les migrations, la religion, le racisme, l’antisémitisme. Sans langue de bois, sans éviter les sujets qui fâchent, comme l’islam ou l’identité nationale, les frontières ou l’héritage colonial, il se nourrit de véritables recherches empiriques et d’une longue pratique des politiques publiques, à la différence de tant de ceux qui occupent la scène médiatique. Il donne ici du sens à la République, à savoir une direction et une (...)

     

  • Octobre 2015

     

    “La France doit accepter franchement les mœurs des citoyens musulmans”

    La laïcité n’est pas la solution face aux questions nouvelles que pose l’islam à la société française. C’est la thèse brûlante du philosophe Pierre Manent dans son nouvel essai, Situation de la France. Pour cet intellectuel, il faut un nouveau compromis entre les citoyens français musulmans et le reste du corps civique. Depuis les attentats de janvier 2015, la question de l’islam est devenue centrale au sein du débat public. Dans un essai audacieux et stimulant, le philosophe Pierre Manent y répond en proposant de revoir notre vision de la laïcité. Plutôt que de proposer l’effacement du religieux, Manent préconise d’établir un nouveau contrat social avec nos compatriotes de confession musulmane.La suite de l’article sur le site Les Inrocks

     

  • Juillet 2015

     

    A lire, les pieds dans le sable, mais la tête à l’ombre et l’esprit apaisé

    "Paris Alger, une histoire passionnelle" de Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, chez Stock, mai 2015. Je sais que la période estivale ne pousse pas à se plonger dans ce genre de lecture, mais en 371 pages nous avons une analyse passionnante des rapports entre nos deux nations. N’insistant pas trop sur les périodes anciennes nos deux journalistes font un état des lieux contemporains de Sarkozy à Hollande qui éclaire le sujet d’une façon intelligente et très bien documentée. Entre anecdotes et affaires d’états, tout est bon, il n’y a rien à jeter. Nous apprenons que Stora et Zemmour ont des liens de parenté, que notre ministre de l’intérieur est de là-bas et que même le président Chirac, l’homme politique le plus aimé des français depuis qu’il est gâteux s’est fait prendre la main dans le baril d’or noir, la confiture des puissants pour son rôle d’intermédiaire entre Alger, Paris et Daewoo, allégations jugées mensongères et diffamatoires par son entourage. La partie couvrant les rapports de M. Hollande et les échanges de bons procédés entre services secrets de nos pays est d’anthologie. Bien sur il faudrait croiser ces informations avec d’autres sources mais nos compères ont de bons informateurs. Je me (...)

     

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