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Salafistes

« Salafistes » si un jour vous allez voir ce documentaire prenez quelques précautions en matière philosophiques et spirituelles…
Si le jihadisme est passé maître dans l’art de manipuler les images, il est difficile et même impossible d’aller à la rencontre de ses leaders et de pratiquer avec eux l’art complexe de l’interview. Le documentaire français « Salafistes » de Lemine Ould, M. Salem et François Margolin s’y essaie non sans écueil. Tourné à partir de 2012, cette œuvre donne la parole à des responsables politiques d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique et à des autorités religieuses salafistes le tout entrecoupé avec des vidéos de propagande jihadiste. Il y a à l’origine une confusion entre salafisme et jihadisme qui fausse toute analyse. Avec des propos sans fondement qui entretiennent ce malaise comme ceux de personnes présentées comme des dignitaires religieux et qui affirment qu’il n’y a pas de différence entre salafisme jihadiste, salafisme intellectuel et salafisme de comportement. Où pire : « le jihad est l’horizon naturel de tout salafiste ». Nous avons ici une enquête qui se voulait partiale et qui voulait lever le voile sur une religion et un phénomène mal connu qui ne fait qu’accentuer l’amalgame fondement de la pensée des extrémistes européens. C’est la foi et la piété carburant de la barbarie et de l’intolérance. Poussé plus loin avec ces images chocs et des vidéos terrifiantes avec ces zélateurs d’une application stricte de la charia qui vont jusqu’à justifier la cause de Merah on peut donner l’idée à nos concitoyens qu’il faut au plus vite repenser un apartheid spatial et intellectuel avec tout ce qui est musulman. C’est la thèse de la réimmigration ; Parce qu’en face nous n’avons pas un petit groupe de terroristes, mais une école de pensée et sans doute même un état en formation qui nous fait la guerre. Ce sont les salafistes. Comme aucun responsable gouvernemental n’envisage de tarir l’immigration de musulmans en France et en Europe et que l’afflux de migrants augmente ce pourcentage de ces populations au sein de nos communautés nationales, alors l’affrontement est inévitable. « Salafistes » est donc un brûlot, une pseudo performance d’voir pu et oser interroger les monstres dans leurs tanières. Un pétard qui attend l’allumette de nos pensée, une bombe à retardement qui peut s’installer par la force de ses images dans notre inconscient et exploser au prochain attentat et faire de nous les complices actifs ou passifs d’une nuit de cristal de l’islam en France ou en Europe. Pourtant Claude Lanzmann à qui l’on doit « Shoah » le qualifie de chef d’œuvre. Pour lui le film éclaire comme jamais la vie quotidienne sous la charia. Il le voit d’une beauté formelle, saisi par la cruauté tranquille des intervenants. Si j’osais un parallèle je vous inviterai si vous voyez un jour « Salafistes » à relire les textes de Hannah Arendt sur le procès d’Eichmann. Alors il est vrai que nos documentaristes en acceptant les règles de ceux qu’ils ont filmé ont faussé d’entrée le jeu et quand on est dans la cage des lions sans fouet, sans tabouret, il est difficile de contredire les fauves parce que là ce n’est pas celui qui tourne qui peut dire quand il veut : « couper », c’est celui qui tient le sabre. Churchill disait qu’il faut de longs couverts pour manger avec le diable. Les réalisateurs ont mangé avec lui, la main dans le même plat. En conclusion pour vous sortir des pièges intellectuels comme « Salafistes » et de l’ensemble des productions des médias qui font de l’islam en général et des musulmans en particulier les héros rémunérateurs pour les producteurs et les chercheurs qui demain exploreront d’autres filons et ne cherchent qu’à faire monter l’audience et le lectorat en jouant sur toutes les peurs et tous les travers de l’âme humaine, je vous livre quelques lignes pour vous faire vraiment réfléchir et sortir d’un monde qui classe les bons et les méchants et fixe arbitrairement la frontière entre le bien et le mal, pour vous ouvrir la voie vers un peu d’espérance laïque et vous réconcilier avec le genre que l’on appelle encore humain. Parce que mon chat a plus de compassion pour les êtres vivants que bien de nos intellectuels, il y a je sais le cas des souris et des oiseaux, mais personne n’est parfait. De Fouad Zakariya intellectuel égyptien « L’islam n’est rien d’autre que ce qu’en font les musulmans. La diversité intellectuelle, politique, sociale et religieuse du monde musulman actuel montre que loin de se conformer à un prétendu islam authentique, chacune des forces qui l’utilisent en donne une version conforme à sa genèse, ses intérêts et ses ambitions. Ainsi pour lui il y aurait pour l’islam deux manières à se positionner par rapport au monde : celle qui milite en faveur de l’instauration d’une cité islamique où les droits de dieu seraient assurés dans toute leur rigidité et dont il s’agit de hâter l’établissement par tous les moyens y compris la violence et celle qui au contraire, pense que l’islam n’est pas une idéologie mais une religion et qu’il est susceptible de s’adapter à toutes les évolutions de l’humanité. La première attitude est celle de l’islamisme intégriste, la seconde est celle de musulmans libéraux qui pensent que l’islam ne peut se libérer de ses entraves que dans la mesure où il s’engage dans la ligne de la laïcité. Il faut faire éclater la collusion qui existe entre les trois « D », Dîn, Dunya, Dawla – Religion, Monde, Etat c’est-à-dire désacraliser l’histoire en faisant dialoguer les valeurs universelles (raison, liberté, droits de l ‘homme…) avec les valeurs spécifiques de la culture arabo-musulmane.
Salafisme : as-salafiyya provient du mot salaf, prédécesseur ou ancêtre qui désigne les compagnons du prophète et les deux générations qui leur succèdent. La majorité des salafistes prône l’éducation et la purification de la communauté par la pédagogie et l’enseignement religieux. Ils sont non-violents et évitent la politique.
Jihâd : effort pour dieu soit contre soi-même, soit pour la défense de dieu et de l’islam allant jusqu’à la guerre sainte.
Chari’a : loi religieuse produite par le droit (fidh) à partir du Coran et de la tradition.
Coran/ qur’ân en arabe. C’est un lectionnaire, livre dans lequel se trouve les leçons de l’office religieux. En effet Coran vient du mot syriaque qur’ôno qui signifie lectionnaire. Ici le livre qui renferme la parole de dieu descendue du ciel. L’original se trouve dans l ciel et dont le texte a été récité par l’ange Gabriel à Mahomet dont il fut le simple transmetteur. Le texte fut rassemblé par le calife Utmân vers 650. Il est composé de 114 chapitres (sûrat) présentés selon l’importance numérique des versets par ordre décroissant.
A Antoine Moussali père lazariste qui enseigna à Damas et à Alger, un maître du difficile dialogue permanent entre le christianisme et l’islam. Mon ami.

Michel Bonelli


 

Brèves Tribunes

  • Juillet 2016

     

    Péril sur le Théâtre Lenche

    Faute de moyens suffisants ce lieu emblématique de la culture à Marseille va passer sous le contrôle administratif et financier du Théâtre de la Minoterie. Maurice Vinçon son créateur doit vivre très mal ce moment. Le Lenche c’est l’enfant du Mini Théâtre, c’est la continuation d’une expérience unique menée au début des années 70 dans des locaux de fortune derrière ce qui était la Bibliothèque de Marseille à l’époque à la place Carli. Je me permet de citer le nom d’un grand homme de théâtre que Marseille ose un peu oublier aujourd’hui et qui a été associé à cette naissance : Robert Badani compagnon de route de Maurice Vinçon. A tous les deux ils ont crée le Lenche, le Théâtre de Pôche à Bonneveine et surtout les (...)

     

  • Février 2016

     

    Culture à Marseille, le temps du désherbage

    Après l’Espace Culture c’est le tour de l’Espace Busserine. Cette enclave culturelle sur le territoire de M. Ravier a du souci à se faire. La fin semble proche. Nous aurons peut-être des combats d’arrière-garde comme à Vitrolles, les plus anciens se souviennent de quoi je parle. Mais la messe est dite. Les Docks des Sud sentent aussi le sapin. Ah le bon temps du carré VIP de l’espace privé pour les privilégies où le champagne coulait à flot est révolu. Parce que autant j’ai applaudi à la création de la la Fiesta des Sud qui a marqué un renouveau sur la scène marseillaise autant j’ai condamné les dérives de cette manifestation. Très vite nous sommes passés d’un succès populaire incontestable à un festival (...)

     

  • Janvier 2016

     

    Education nationale et citoyenneté : le bilan depuis le 8 janvier 2015

    Face à l’horreur de l’attaque de la rédaction de Charlie Hebdo on somma l’école de réagir et les enseignants de faire preuve d’un zèle patriotique digne des heures noires de la guerre de 14, centenaire de cette boucherie en cours, je me permets cet hasardeux parallèle. N’oublions pas qu’à l’époque l’instituteur venait juste avant l’adjudant de compagnie dans le façonnage de la chair à canon, pardon du patriote prêt à mourir pour la défense de la patrie, de la bourse, du grand capital et accessoirement pour la reconquête de l’Alsace-Lorraine. Mais en 2015, autre temps, autres mœurs. Madame le ministre demanda d’organiser très vite un moment de recueillement. Ce fut la fameuse minute de silence pour tous de la (...)

     

  • Septembre 2015

     

    Marseille, une agression de trop

    L’agression dimanche matin 6 septembre de deux jeunes homosexuels sortant d’un lieu festif gay nous fait souvenir que la différence et la diversité sont parfois des signes distinctifs durs à porter. Paul et Tony sont des victimes de la violence au quotidien, de la méchanceté humaine gratuite. Mais n’oublions pas non plus que de l’extrême-droite aux mouvements de tendance salafiste, l’homosexualité est stigmatisée comme d’ailleurs dans la Russie de Poutine ou chez les radicaux juifs en Israël. Il vaut mieux être gay dans la festive Tell-Aviv que dans certains quartiers religieux de Jérusalem. L’homosexualité est encore poursuivie pénalement dans de nombreux pays et en l’Egypte, conscience morale du monde (...)

     

  • Juin 2015

     

    Comment faire du neuf avec du vieux ?

    Comment faire du neuf avec du vieux ? Sarko a trouvé : avec le s sifflets républicains. Changer de nom pour ça. Même que le Vaucluse confirme la "Pen" de BHL entarté à Namur. C’est le sang de Kadhafi ou le serment de Tombrouck. Heureusement que les milles feuilles, c’est terminé. Les licenciements seront autorisés et les indemnités plafonnées. Le PS tient ses promesses.

     

  • Février 2015

     

    Les infidèles

    Sarko était pour le travail le dimanche, maintenant il est contre. Il veut maintenant un test osseux (signez la pétition) de la loi Macron. Les obscurantistes peuvent frapper "les infidèles" partout. C’est l’islamo fascisme dit Valls. Ce à quoi a rétorqué Dumas : "il est sous influence juive". Qu’on se le dise il n’est désormais pas très halal de dessiner le prophète. C’est clairement réduire son espérance de vie et vivre sous escort boy. C’est comme les 5 adolescents alsaciens. Bizarrement les médias ne donnent pas leur origine. Ils ne sont certainement pas musulmans ou c’est de l’information sélective. En temps hivernal, ils ne savaient pas qu’ils saccageaient un cimetière....juif. Finalement il y a pas (...)

     

  • Août 2014

     

    Marseille. 3 militants pro-palestiniens interpellés !

    A Marseille pour fêter l’anniversaire de Jean Jaures on criminalise le soutien à la Palestine. A la veille de la manifestation organisée par les associations marseillaises en soutien à la Palestine 3 jeunes militants Nordine,Mohamed et Elliot avaient comme tache d’ informer le public marseillais...Comme il est de coutume, ils ont procédé à des distributions de tracts et à du collage d’ affiches notamment sur la Canebière. Repérés par les multiples caméras municipales une patrouille de policiers est partie à leur recherche.Sans aucune objection les 3 militants pacifistes se sont laissés embarquer au commissariat de Noailles pour une audition...L’entourage militant est alerté en quelques instants grâce (...)

     

 

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