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Chronique urbaine : Camille Flammarion, ce n’est pas le Mistral et encore moins plus belle la vie

Nous sommes une ville en chantier depuis 26 siècles et nous ne faisons rien comme les autres, alors je profite d’une occasion pour vous narrer ce qui risque bien de devenir une nouvelle histoire marseillaise à mettre dans la rubrique : « Urbanisme : parfois quand le bâtiment va, c’est les riverains de l’ouvrage qui ne vont pas ». Vous aller me dire : « Encore un mauvais coucheur, un râleur de quartier que l’on dérange dans les siens… » Soit j’accepte par avance la critique. Le décor : entre la gare et le Palais Longchamp, boulevard Camille Flammarion, astronome de génie en son temps, le lieu : L’ilot Chanterelle un terrain autrefois arboré que la ville de Marseille a cédé au promoteur Eiffage pour construire des logements, une crèche, une résidence étudiante, un parking, un local pour la mairie de secteur, etc. Un projet qui a été verdi à l’extrême pour être présenté au public et où la résistance écologiste, malgré sa débauche d’actions s’est faire battre à la plate couture par une municipalité dévoreuse d’espace et qui bétonne tout ce qu’elle peut. Même les rom un temps squatteur des lieux se sont vus priés d’aller occuper ailleurs manu-militari parce que la misère à force d’être errante peut peut-être s’essouffler et aller voir là-bas ou l’herbe est plus verte ou il y a encore de l’herbe comme dans les Balkans. Mais ce n’est pas le problème principal. Elections municipales et départementales achevées ainsi que l’opposition de gauche, le bâtisseur qui s’est vu balayé le chemin par le politique a frappé fort et vite. Le riverain que personne n’avait jamais vraiment prévenu, a appris que les travaux allaient durer trois ans et a vu débarquer par noria des excavateurs, des pelleteuses gigantesques avec des chenilles de deux mètres de haut, des foreuses, des nuées d’ouvriers et des dizaines de camions et cela en pleine nuit où juste avant l’aube et il est passé s’un quartier juste troublé par le flot des automobiles à une annexe de l’enfer urbain : bruits de chantier insoutenables, vibrations frappant les immeubles autour et minant leurs fondations et poussière envahissant tout. Un mur mesurant plusieurs mètres de haut a succombé, la colline a été arasée, le sol défoncé a été creusé en profondeur pour les parkings et les arbres ne sont plus qu’un souvenir. Le poumon vert est celui d’un grand malade de l’asthme et les habitants les plus proches préparent leur cancer des voies respiratoires sans compter des formes de dépression qui vont de l’insomnie à la crise de nerf bave aux lèvres. On ne peut plus faire jouer sur les grands balcons du Massalia, ni les bébés, les enfants ou les chats peut-être les belles-mères si on a des idées nocives. C’est le black-out. Parfois quelques excédés crient leur désarroi aux ouvriers sous des formes que la politesse m’interdit de retranscrire. Seul point positif peut-être les pharmaciens du coin sont heureux : la vente de tranquillisants et d’antidépresseurs atteint des sommets inégalés. A part une pétition en préparation les politiques qui n’ont plus d’échéances locales à venir ont déserté les lieux, la mairie de secteur avoue n’avoir aucune prise sur le sujet et la mairie centrale qui a donné le permis de construire par l’intermédiaire de notre grande Laure-Agnès Caradec, urbaniste, tient le en gros le discours suivant : « Une ville, un quartier doit accepter quelques souffrances et quelques nuisances pour être plus belle encore et ce projet a un volet environnemental ambitieux. Des platanes et micocouliers ont été conservés, de nouveaux arbres seront plantés, un jardin pédagogique sera aménagé. Les bâtiments construits auront une consommation énergétique faible, des places de parking seront réservées pour les voitures électriques… ce qui va sortir de terre sera un éco ilot avec des « impératifs écologiques importants. Pour l’instant, les mises en vente d’appartements se multiplient, d’autres en fin de bail ne sont pas reloués et une source bien informée m’a confirmé qu’elle a entendu pas mal de voix étrangères parmi les ouvriers et les conducteurs d’engins, encore des étrangers qui viennent dévorer la quiétude des marseillais. Je vous le dis, cela sent le complot et avec la chenille des monstres d’Eiffage il est facile de voir la main de l’étranger qui conduit ces engins de malheur. Marseillais, vous êtes trahis et abandonnés, à vos balais pour les mois à venir et vous nos sorcières à vos envoûtements.

Michel Bonelli


 

Brèves En direct de Marseille

  • Mars 2016

     

    A Marseille c’est Consolat, nos héros olympiques !

    Le phénomène Consolat, commenté par coach Bonelli. A l’heure où le contribuable marseillais va payer les déboires sportifs de l’Olympique de Marseille résultant d’un contrat public-privé mal ficelé pour payer la construction de notre stade certes magnifique mais onéreux et cela pendant plusieurs décennies au nord en terre ingrate de hlm et de relégation sociale une aventure se joue avec des héros bien de chez nous, Consolat club de National est peut-être aux portes de la deuxième division quand l’OM en pleine désillusion peut y tomber aussi. Ici pas de star, pas de paillettes et plutôt des mal logés que des loges pour les business et la jet-set. Pourtant à force de travail, de persévérance et d’envie de (...)

     

  • Décembre 2015

     

    Et pourtant il faut le faire : « aux urnes citoyens »

    Face à la vague d’abstention qui dépasse les 48% nous nous devons d’inciter nos concitoyens à se rendre aux urnes ce dimanche. Les objections qui ont détourné les français du suffrage universel nous les connaissons et la crise économique et sociétale que nous subissons n’arrange pas les choses. Faire de la politique autrement par l’engagement dans les associations, sur les réseaux sociaux dans les organisations caritatives ne doit pas nous faire oublier que nous vivons dans un système que seul le passage dans l’isoloir peut faire évoluer hormis bien sur une situation insurrectionnelle. Les promesses de VIème république, de changement de gouvernance ont vécu et le renoncement, le désespoir et dans les (...)

     

  • Septembre 2015

     

    Castellane : réquisitoire dans le procès du trafic de drogue de la Tour K

    Pendant quatre heures Mme le procureur Isabelle Candau déroule son réquisitoire contre les 28 prévenus dans le procès du trafic de la Tour K de la Castellane. Elle y dénonce la dimension entrepreneuriale de cette PME de la drogue avec sa soixantaine d’employés et son chiffre d’affaire d’environ 23 millions d’euros par an soit une moyenne de 65 000 € par jour. Nous ne sommes plus en face d’une économie souterraine mais tout simplement face à une économie qui vit en dehors des règles mais à la vue de tous : policiers, habitants du quartier, consommateurs de stupéfiants… Elle édicte son propre règlement de fonctionnement. « Les employés » y sont récompensés, sanctionnés et même licenciés. Il existe une (...)

     

  • Septembre 2015

     

    La Castellane, le procès

    Ce lundi matin Mme le procureur Isabelle Candau va dérouler son réquisitoire contre Nordine Achouri et les 28 autres prévenus dans le procès du trafic de stupéfiants de la Tour K de la Castellane. Les preuves fruits du travail de la Police Judiciaire qui ont permis le coup de filet de juin 2013 sont accablantes. Si ce procès se veut exemplaire, les peines demandées le seraient aussi et les encore présumés innocents vont porter le chapeau ou le turban pour tous ceux qui sont passés à travers les mailles de la justice. M. Cazeneuve veut son trophée, sa peau d’ours pour le parquet de son bureau ou sa tête de sanglier au-dessus de la cheminée, c’est taxidermie pour Nordine le fauve désigné d’un troupeau (...)

     

  • Septembre 2015

     

    Marseille, pour l’accueil il vaut mieux être croisiériste que demandeur de titre de séjour

    Des associations ont déposé un recours devant le Tribunal administratif de Marseille pour dénoncer les conditions d’accueil des étrangers à la Préfecture des Bouches du Rhône. A la charge le GISTI (Groupe d’information et de Soutien des Immigrés) et la CIMADE. Ils pointent du doigt le peu de personnes reçues tous les jours, douze tickets tous les matins pour douze élus pouvant accomplir leur formalité. Il y a des jours de bagarres et de cohue et des jours sans. Les cerbères de la police qui ouvrent le rideau métallique à 8h15 sont parfois peu aimables. Et puis il y a la peur permanente du papier qui manque qui peut anéantir les efforts du moment. Mais l’administration n’en dément pas, il n’y a pas de (...)

     

  • Septembre 2015

     

    Les héros de « Monstres et compagnie »

    Bel article d’Angélique Schaller A lire l’écrit de notre consœur dans La Marseillaise du 23 septembre, page 3 : « Intégration, le parent pauvre de l’asile » qui nous fait découvrir ELIA (Evaluation Logement Initiative Altérité) une association qui depuis 2003 s’occupe d’intégrer les réfugiés grâce aux financements d’état. La seule structure qui le fait de manière définitive. Juste un bémol gentil sur la photo d’illustration avec sa légende : « Quand une personne obtient le statut de réfugié, le travail de deuil commence », on trouve deux héros des studios Pixar comme quoi au moins tous les enfants du monde partage les mêmes monstres, dont un tout bleu et l’autre un cyclope vert. C’est à la fois rassurant et en dit (...)

     

  • Septembre 2015

     

    Troisième arrondissement, quand le plomb peut tuer

    Nous ne sommes pas en présence d’un énième règlement de compte à Marseille, mais un père avec quatre enfants qui lutte contre la plombémie qui affecte ses jumeaux suivis à l’Hôpital Nord. La plombémie c’est du plomb dans le sang, un avant goût du saturnisme. Une conséquence sur la santé d’habiter dans un appartement insalubre Bd Féraud en plein cœur de la cité phocéenne du côté de Félix Pyat. Un décor parfait pour tourner « Les Misérables » d’Hugo le pendant gore de « Plus belle la vie » ce navet promotionnel d’une ville rongée par le mal-logement et tous les maux des grandes métropoles pauvres qui malgré les combats journaliers de la Fondation Abbé-Pierre, du Samu-Social et des services municipaux qui font ce qui (...)

     

  • Septembre 2015

     

    L’exposition Berlinhard, qui présentait les œuvres de Stu Mead et Scheibner crée la polimique à Marseille

    L’exposition des deux artistes qui s’est tenu à la friche de la belle de mai du 13 juin au 27 août 2015 s’est arrêtée plutôt que prévue au lieu du 13 septembre, suite à la polémique suscitée et la mobilisation des réseaux sociaux, une pétition circulait sur internet pour demander l’arrêt de cette exposition taxée de "pédophile et zoophile". Sur son site la friche s’en défend en citant le blog de Shige : "On me dit que les IMAGES de Stu Mead évoquent la pédophilie, l’inceste et de nombreuses déviances. Je ne vois rien de choquant dans son art, et j’ai même la conviction qu’il est innocent des reproches les plus sordides que l’on peut formuler à son encontre. Je vois surtout beaucoup d’humour chez Stu Mead, (...)

     

  • Août 2015

     

    Un application pour lutter contre la saleté à Marseille

    Une nouvelle application baptisée "Engagés au quotidien" lancée par la Communauté Urbaine de Marseille Provence Métropole, à pour but l’amélioration de l’image qui colle à Marseille de ville sale en associant ses habitants, en la téléchargeant sur un smartphone, tablette, ou un ordinateur vous pouvez en quelques clic signaler les problèmes : Hygiènes Des déchets ou des objets sur le sol ! Des équipements qui débordent ! Voirie Des trous sont visibles dans la chaussée ou dans le trottoir. Circulation Un panneau endommagé ou un feu de circulation en panne ou endommagé ! Prenez une photo et envoyez la via l’application, la mairie s’engage à intervenir à l’endroit indiqué via la géolocalisation. (...)

     

  • Août 2015

     

    A Saint-Lazare, pas de miracle pour l’habitat insalubre

    Pour mémoire Saint-Lazare a été ressuscité par Jésus, mais dans notre cas nous allons parler encore du 3ème arrondissement et de l’état catastrophique du bâti privé dans ce quartier. Après un plancher qui s’effondre rue du Portail, c’est une tour qui abrite majoritairement des personnes issues de l’immigration et des petits propriétaires aux faibles ressources qui risquent d’être interdite à l’habitation et rasée par les pouvoirs publics. La faute à qui ? Comme d’habitude, les pouvoirs publics n’ont pas inventé les moyens juridiques nécessaires pour intervenir rapidement sur l’habitat qui se délabre faute d’entretien. Les dettes de locataires et de propriétaires pauvres et insolvables se sont accumulées (...)

     

 

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